Le mythe selon lequel l’être humain n’exploite pas 100% des capacités de son cerveau a beau être infondé, il a déjà inspiré plusieurs blockbusters peu cérébraux, dont ‘Limitless’ fait partie. Heureusement, le film joue plus la carte du divertissement jubilatoire que le celle du thriller ambitieux.


Dès les premiers effets de la drogue, ‘Limitless’ joue avec les fantasmes du spectateur pour offrir une aventure complètement décomplexée. En fait, il est impossible de ne pas envier le personnage principal, qui du looser incapable devient en quelques jour le modèle même du golden boy à la réussite sociale ahurissante. Apprendre une langue simplement en l’écoutant, gagner en productivité au lieu de procrastiner, prendre de l’assurance au point de devenir irrésistible, bref, réussir tout ce qu’on entreprend : c’est le genre de souhaits qu’on a tous secrètement formulé et que le film nous sert le sourire aux lèvres. On en ressort à la fois réjoui par le succès éclair du personnage principal, et un peu déçu que les pilules de NZT ne soient que fiction.


Evidemment, on pourrait reprocher au scénario ses facilités et ses grossièretés. L’intrigue secondaire autour de l’alliance avec M. Atwood n’est pas vraiment convaincante, l’échelle de temps n’est pas bien précise et le nombre de pilule qui reste à Eddie n’est jamais très clair, l’ellipse narrative finale est un peu osée, mais qu’importe : ‘Limitless’ est avant tout un plaisir coupable, et la trame principale est assez satisfaisante.


La mise en scène est du même acabit : un peu grossière, mais décomplexé. Par exemple, les effets visuels accompagnant les prises de drogues sont tape à l’œil mais plutôt efficaces (la vision panoramique, les duplications du personnage, les zooms sans fin). De toute manière, le film est éclairé par un Bradley Cooper dont le rôle colle à la peau. On appréciera encore une bande-originale plutôt éclectique, du tapageur « Howlin’ For You » de The Black Keys au thème principal plus angoissant « Happy Pills » en passant par de l’electro dance beauf.


Un pur plaisir coupable.

Kroakkroqgar
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2011

Créée

le 26 août 2015

Critique lue 246 fois

Kroakkroqgar

Écrit par

Critique lue 246 fois

D'autres avis sur Limitless

Limitless

Limitless

6

Lamren

13 critiques

Un film dépassé par ses idées

Limitless nous montre la vie minable d'un loser ex-drogué qui s'accroche aux pieds des gens et est tellement introverti et a tant les idées brouillées que même dialoguer lui semble compliquer . Le...

le 14 avr. 2011

Limitless

Limitless

4

Dardefion

9 critiques

Eloge du toc

L'usage d'un mythe urbain riche de potentialités se transforme entre les mains de Neil burger en un divertissement tape-à-l'œil, facile et creux. Ecrivain sans le sou, tirant sa flemme de gamineries...

le 29 mars 2011

Limitless

Limitless

5

Random

10 critiques

Ce film est un alcoolique.

Voir ce film, c'est exactement comme rencontrer un inconnu en soirée. Un vague intérêt selon les conneries racontées au début. Et trop vite, il te colle et tu aimerais juste qu'il finisse son manège...

le 13 mars 2014

Du même critique

Brazil

Brazil

5

Kroakkroqgar

892 critiques

Critique de Brazil par Kroakkroqgar

Si Brazil est le chef d'œuvre du réalisateur Terry Gilliam, il ne convaincra pas tout le monde en tant que chef d'œuvre tout court. Tout d'abord, le spectateur est jeté dans une société réglée par...

le 16 avr. 2013

Vidéodrome

Vidéodrome

5

Kroakkroqgar

892 critiques

Critique de Vidéodrome par Kroakkroqgar

‘Videodrome’ traite du rapport des hommes à la télévision, comme ‘ExistenZ’ le fera pour les jeux-vidéos. Seulement, le scénario est tellement obscur que le propos en devient confus. Entre un...

le 2 août 2013

La La Land

La La Land

4

Kroakkroqgar

892 critiques

Critique de La La Land par Kroakkroqgar

Difficile de dissocier 'La La Land' de sa couverture médiatique : plébiscité par les médias et triomphe absolu aux Golden Globes, la comédie musicale surfe sur la vague qu'elle a cherché à provoquer...

le 25 janv. 2017