Découvrant non sans inquiétudes un film de Kim Ki-duk pour la première fois, « Locataires » fût une belle surprise. Si je peux comprendre que l'on soit hermétique à ce type de cinéma assez lent et contemplatif (auquel je suis moi-même peu enclin habituellement), j'ai été très rapidement séduit par la démarche du réalisateur, donnant à son œuvre un ton très particulier et personnel qui m'a immédiatement touché. Il y a en effet quelque chose de profondément sensible et émouvant à voir ce couple pour le moins atypique évoluer, se comprenant parfaitement sans jamais échanger le moindre mot durant 85 minutes.
« Locataires » est un film extrêmement subtil et remarquablement réalisé, tout en angles et cadres magnifiquement trouvés, ajoutant au vertige de ce récit vraiment pas comme les autres, se caractérisant par sa façon constante de se renouveler, de nous surprendre, la deuxième partie s'avérant extrêmement différente de la première. Il était pourtant casse-gueule de s'aventurer dans le registre fantastique lors d'une dernière demi-heure particulièrement étrange, et pourtant ça passe, mieux : ça fonctionne à 200%. Bref, voilà l'exemple-type du film difficile à résumer avec des mots tant il passe par les sensations, les corps, l'imagination... Un songe hypnotisant et poétique : une magnifique révélation.