Avec Love Is All You Need, Susanne Bier signe une romance à la fois solaire et mélancolique, portée par une mise en scène d’une grande délicatesse. Ce qui m’a marqué, au-delà de l’histoire elle-même, c’est cette façon qu’a la réalisatrice de capter les nuances du quotidien à travers une lumière presque méditative.
Les paysages italiens, baignés d’une chaleur dorée, contrastent subtilement avec les blessures intimes des personnages. Cette opposition n’est jamais appuyée : elle est suggérée par des cadrages sensibles, une caméra discrète, et un rythme qui laisse la place aux silences. Bier ne cherche pas l’effet facile, elle préfère laisser parler les regards, les hésitations, les respirations. C’est cette pudeur visuelle qui donne au film son charme singulier.
Le duo Trine Dyrholm / Pierce Brosnan fonctionne d’autant mieux qu’il est mis en valeur par cette réalisation en retrait, presque contemplative. On sent que Bier fait confiance à ses personnages, à leurs fêlures, sans jamais les surdramatiser.
Certes, le scénario reste convenu par endroits, et les personnages secondaires manquent parfois de relief. Mais la mise en scène, elle, élève l’ensemble et transforme ce qui aurait pu être un simple téléfilm romantique en un moment de cinéma sincère et apaisant.
Un film imparfait, mais filmé avec une justesse rare.