Avec Lovely Bones, Peter Jackson s’éloigne du cinéma épique auquel il nous a habitués pour signer une œuvre étonnante, à la croisée du drame, du thriller et du fantastique. Ce mélange de genres peut dérouter, mais il révèle une nouvelle facette de son talent de metteur en scène. Les séquences dans les limbes, d’une grande beauté visuelle, flirtent parfois avec le kitsch, mais elles prennent tout leur sens puisqu’elles reflètent l’imaginaire d’une adolescente. Loin de casser le rythme, elles offrent de véritables respirations au cœur d’un récit particulièrement éprouvant. La tension est remarquablement maîtrisée, notamment lors de la scène où la sœur de Susie découvre le carnet caché sous le parquet tandis que le tueur revient chez lui. Stanley Tucci est d’une froideur glaçante, tandis que Saoirse Ronan apporte une grande sensibilité au film. Enfin, la musique de Brian Eno accompagne l’ensemble avec une élégance rare. Une œuvre singulière, puissante, profondément émouvante et visuellement fascinante.