Coproduit par le Théâtre de Liège, Lucie perd son cheval est une sorte de déclinaison de la pièce de Claude Schmitz, Un Royaume, mais aussi un film à part entière, énigmatique et très cohérent (si l'on peut dire) dans son maniement de l'absurde. Est-ce une réflexion sur le métier d'actrice (avec Lucie Debay, que l'on voit notamment aux côtés de ses vraies fille et grand-mère) ? Sur l'art aux temps du Covid (frappé d'immobilisme) ? Ou n'est ce qu'une rêverie avec des morceaux de Shakespeare dedans, ou encore un exercice surréaliste à la Magritte, du genre Ceci n'est pas une monture ? Étonnamment, malgré des éléments disparates, le film se voit avec un certain plaisir, à condition de se laisser faire, sans chercher à comprendre où veut en venir ce récit disloqué en plusieurs parties, mais avec heureusement Lucie en fil rouge. Il y a de jolies scènes en plein air avec les trois "chevaleresses" dépourvues d'équidés, errant dans la plaine comme des Don Quichotte désarçonnés et d'autre passages loufoques dans les coulisses d'un théâtre où de singuliers personnages se croisent, entre autres un régisseur fan de Motorhead, en attendant non pas Godot mais la reprise des représentations suspendues par la faute d'un méchant virus.

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le 18 juin 2022

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