L'éternité, c'est très long. Surtout vers la fin. Le sentiment qu'on a eu durant cette séance d'immortalité.
On y est allé par curiosité. Pour voir où en était la jap'anim dont on a perdue un peu la trace, pays qui avait tout de même développé et amené à une certaine perfection un art singulier de l'animation 2D, loin des modèles US, sur la base d'une animation qui savait intelligemment s'économiser sur certains plans pour livrer quand nécessaire des morceaux de bravoure, ayant su en outre intégrer en mariage parfait des éléments calculés. Maitre de leur sujet.
On a vite été douché. Pointer que la direction artistique est souvent douteuse (à certains instants, de laideur pure), que le trait n'est pas d'une grande finesse, que l'animation est sans grâce aucune (on a répété un plan par-ci par-là...), que les intégrations 3D sont comme faites au chausse-pied (des personnages de second plan, des déformations) est un bon début. Peut-être que sur l'écran d'un smartphone, la tambouille passe. Sur un écran de huit mètres de haut, comme l'impression de voir une image gonflée. Produit parfaitement laid. Une épreuve. S'ajoute une mise en scène sans éclat aucune, un personnage féminin ... compliqué. Et une intrigue, une dramatisation dignes d'un épisode de Bioman (on s'excuse pour la réf qui vient de très loin). Un gloubi-boulga de n'importe quoi, interminable.
Dernier point: un certain snobisme fait que la Jap'anim est de fançon générale exploitée en VO chez nous. Alors que les animations labiales sont si sommaires qu'elles peuvent supporter n'importe quel doublage (art dans lequel la France compte quelques kadors). Hors à avoir une bonne maitrise de la Langue, c'est purement gâcher du temps d'attention du spectateur, du temps d'attention perdu alors même qu'en animation chaque mouvement mérite d'être observé pleinement (... point dans le cas présent). Un contre-sens.