En 2014 Takeshi Koike (Animatrix, Redline) nous livre son premier OAV de sa série centrée sur chaque personnage de Lupin III en adoptant le genre lié à son protagoniste. Il adopte également le ton de la première série de 71, de l'anime de 2012 sur Fujiko et il en est le digne héritier. Rien à voir avec le Lupin gentillet sauce Miyazaki, ici on est très proche du manga originel de Monkey Punch : sombre, cruel, hard-boiled, violent et même sexuel comme en témoigne la scène à la Eyes Wide Shut hardcore avec Fujiko. Exit les chasses au trésor habituelles des derniers téléfilms et retour au monde du crime sur fond de complot.
Jigen affronte ici son pire adversaire, un tireur en plus rapide que lui et pour la première fois depuis 50 ans, Koike arrive à nous faire ressentir du danger pour ses personnages en les redéfinissant totalement. Ces films sont comme des nouvelles initiations où les personnages doivent mourir et renaître symboliquement.
Le film est une pure réussite, on y retrouve tout les codes du western et du film d'espionnage qui définissent les personnages à la base dans le manga, un vrai retour aux sources. Bien rythmé, mené d'une main de maître et surtout c'est d'une beauté visuelle qui ne viellit pas. Le style de Koike est extrêmement satisfaisant dans la façon de jouer avec les proportions ou les angles, les détails sur les personnages, les armes et surtout les véhicules dessinés à la main avec les traînées de phares si propre à l'animation.
Un classique absolue de la saga, proche de la perfection.