Avec ce "M. Butterfly", sans doute un film qui restera "mineur" dans l'oeuvre impressionnante de David Cronenberg, même s'il en porte les plus fortes obsessions, le Canadien poursuit sa quête de l'illumination par des chemins toujours aussi peu conventionnels. Ici, il traite de la capacité de l'esprit humain à modeler la Réalité à l'image de ses fantasmes, ce qui n'est pas rien !
Bien sûr, pour aimer "M. Butterfly", il faut accepter le postulat de l'aveuglement du héros - superbement interprété par le toujours brillant Jeremy Irons, parfait double "cronenbergien" -, mais on retiendra en tous cas cette nouvelle douceur, peut-être encore plus terrible qu'il impose désormais à ses histoires de sexe et mort.
[Critique écrite en 2020 à partir de notes prises en 1994 et 1998]