Un banquier demande à sa jolie cousine de Varsovie, de passage, de séduire l'amant de sa femme, tandis que cette dernière lui demande de séduire son mari.
Voilà le vaudeville lancé et son argument n'est pas plus bête qu'un autre. Pour autant, le mic-mac sentimental qui se met en place dans la maison du banquier mélomane est généralement fade. La pièce de Louis Verneuil est adaptée par le jeune Henri-Georges Clouzot et ce n'est évidemment pas ce qu'il a fait de mieux. Et puis la mise en scène de Carmine Gallone n'a pas beaucoup d'idées. S'il y a quelques quiproquos, ils sont vite éteints et le film manque de séquences dynamiques et d'une mécanique comique entrainante.
De temps en temps, un commentaire relatif au traditionnel bourgeois cocu qui s'ignore peut faire sourire, ainsi dans la brève séquence où apparait Saturnin Fabre. La cousine Sonia n'a pas sa langue dans sa poche mais c'est sans causticité, et c'est bien dommage. En face d'elle, les deux rôles masculins sont peu convaincants, avec l'amant joué par le toujours terne et gominé André Roanne et un comédien, dans le rôle du banquier aveuglé, qui fait une composition volontiers théâtrale.