Le roman de Bernard Clavel avait déjà été transposé au cinéma dans les années 60, peu après sa publication, avec le film éponyme de Denys de la Patellière, dont le rôle principal était tenu par un Fernandel à contre-emploi.
Cette nouvelle adaptation signée de la comédienne Naidra Ayari, d'origine tunisienne, se justifie pleinement par son nouvel angle d'attaque, avec un père issu cette fois de l'immigration maghrébine, campé par un Roschdy Zem une fois de plus convaincant.
Hormis cette nouvelle dimension qui enrichit la réflexion, le récit reste très similaire, avec un père venu de la province, qui tente de retrouver la trace sa fille, égarée (ou échappée) dans la grande ville. Cet homme découvre ainsi, dans les pas de sa progéniture, les pièges et les tentations de la capitale, et se heurte à mille difficultés.
L'autre originalité de "Ma fille" réside dans la présence à ses côtés de sa fille cadette, qui connaît forcément sa soeur sous un autre jour, sans pour autant être dans la confidence de sa nouvelle vie.
Dans le film original, c'était le fiancé de sa fille qui accompagnait Fernandel dans sa quête.
"Ma fille" est donc un film intéressant, bien interprété, et qui soulève des questions pertinentes tout en ayant l'humilité d'aller droit au but (1H15 hors générique).
Hélas, je dois bien reconnaître ne pas avoir été emporté par la quête de ce père compréhensif mais dépassé : peut-être le fait de ne pas être parent moi-même n'a pas facilité l'émergence des émotions, mais je suis resté assez froid devant ces évènements, pas toujours très crédibles d'ailleurs (cf le milieu de la nuit).
D'autre part, j'avais été appâté par la présence au casting de la délicieuse Doria Achour, et ma déception fut grande de ne l'apercevoir en réalité que quelques secondes...
Pour son premier film en tant que réalisatrice, la sympathique Naidra Ayari signe donc un film en demi-teinte, loin d'être honteux mais pas totalement réussi à mon goût. Souhaitons lui d'avoir l'opportunité de faire mieux la prochaine fois.