CONFINEMENT : Spécial DVD
Roschdy Zem porte le premier film de Naidra Ayadi de bout en bout. Cela lui donne à la fois sa force et sa faiblesse. Le père dont une fille est montée à Paris pour y faire sa carrière et tout simplement sa vie va devoir monter à son tour pour la voir en raison d'une sourde inquiétude devant ses silences et ses évitements. Il est accompagné de sa fille cadette qui sait quelque chose mais ne dit que ce qu'elle juge utile de dire c'est à dire le moins possible, mais sans que nous apprenions ce qu'elle sait en réalité. Alors nous nous éloignons d'elle et c'est un peu dommage de s'écarter ainsi d' un second rôle qui aurait pu contribuer à donner de la force à l'histoire. Hakim/Roschdy Zem va de surprise en surprise en découvrant que Leila ne fait pas ce qu'elle dit à Paris.
Trop vite, la cause est entendue. Une jeune fille seule dans une ville tentaculaire et qui s'y perd, le sujet est à première vue banal mais aurait pu être précisément moins banalisé en mettant l'accent sur les pièges de la vie facile qui peut tenter quiconque rencontre quelques difficultés à y trouver sa place. Cette tentation est trop stéréotypée dans le film, jusqu'à choisir Pigalle comme canton de son histoire.
Leila est la grande absente du film et pas seulement au sens propre du terme, elle aurait pu être la protagoniste clé de l'histoire et Hakim devenir son interlocuteur. Les deux personnages y auraient gagné en densité et le film en portée. C'est dommage. Les personnages secondaires sont quasiment inexistants, des ombres dans la nuit et la vie qui s'y déroule. Absence, inexistence, manque. Les trois sentiments deviennent vite dominants et nous avons hâte que Hakim rentre chez lui fêter Noël et la fin de l'année.