Djeneba galère avec sa mère absente qui l'oblige à garder son petit frère. Son amie Shaï cache son histoire d'amour avec un arabe à son frère qui ne veut pas d'un goy, et s'incruste en tant qu'animatrice au centre sociale de sa pote. IL y aussi la directrice, l'animateur rappeur, l'animateur queer, l'animatrice perchée. Et bien sur, il y a les enfants, le timide, la grande gueule, celui qui ne parle pas, celle qui fait rire tout le monde. Bref, c'est le centre social de place de fêtes (Paris 19) qui part dans la drome.
"Nos jours heureux" le très bon film de colo de Toledano et Nakache, a prit un coup de vieux d'un coup avec Ma Frère qui est à n'en pas douter un des films de l'année 2026 (dès janvier !). De la manière de filmer les enfants, de jouer avec les langages, d'assumer de rentrer dans le dur des relations entre communautés (à travers un hypothétique mariage mixte juif arabe) mais par la base. Le film aborde aussi le placement d'enfant, des relations parfois dures entre les gosses, la transidentité. Et le tout avec justesses, légèreté et tellement d'humour, que ce soit dans les jeux de dialogues (comme dans "Tu préfères", la série des deux réales qui a précédé le film) ou dans les situations. La seul scène un peu en dessous est la visite du mémorial du Vercors avec le témoignage d'une rescapée de la Shoah, le dialogue avec les jeunes ne fonctionne pas. Mais ça fait du bien de voir les enfants comme les autres minorités être filmés avec respect, sans surplomb, tout en étant drôles mais pas caricaturées. Bref, un bel hommage à l'enfance et à la mixité. Et dans ce domaine là aussi, "nos jours heureux" prennent un sérieux coup de vieux !