Quelle ne fut pas mon impatience à l'idée de voir ce film : le cinéma de Dolan me fascine et me fait vibrer comme quasiment aucun autre depuis déjà 7 ans... J'attendais donc sa sortie en France depuis de nombreux mois, et, ce mercredi, je me suis ruée au cinéma pour le voir.
Évidemment je n'ai pas détesté, j'ai même passé un bon moment... Le cinéma de Dolan a le don d'émouvoir et de toucher quelque chose d'intime au plus profond de nous (et c'est sans doute pour ça qu'il plait tant, il réussi à cerner certaines émotions humaines sur lesquelles il est dur même de mettre des mots... L'agacement qu'on éprouve à l'égard de ceux qu'on aime le plus, par exemple). Néanmoins, ce film-ci est très nettement celui de sa filmographie qui m'a le moins ému (sans compte Les amours imaginaires, évidemment), je suis donc, forcément un peu déçue. Ce film donne l'impression d'avoir été écrit pour Dolan lui-même et c'est donc assez étranger, ça rend les personnages plus distants et bien moins attachants. L'histoire même semble manquer de profondeur, on a l'impression de rester sur notre faim (un peu). Le récit semble décousu, voire lourd, les personnages ne sont pas vraiment attachants, voire certaines fois pas crédibles dans leurs réactions (Rupert typiquement !)...
Bref, comme d'habitude "critique" peu constructive et surtout peu objective car malgré tout, je manque clairement de lucidité quand il s'agit de juger un film de Dolan tant ce réalisateur est lié à mon amour du septième art...
Je conclurais juste en disant que ce film m'a semblé très lié à son dernier (Juste la fin du monde) et que j'aimerais des fois moins ressentir dans ses films la dimension "Je parle de moi, pour les gens comme moi".