Cannes, vingtième et dernier film
Les adaptations sont périlleuses : le désir de conserver le texte d'orgine, peut-être de ne pas le trahir, de ne pas y enlever ce que l'on a aimé, cause de grands problèmes : le cinéma n'est pas le théâtre, ces deux mondes sont incompatibles si on les mélange. En effet, le jeu d'un comédien au théâtre n'est pas celui d'un acteur au cinéma, les dialogues ne sont pas non plus les mêmes puisque le jeu n'est pas le même, la mise en scène et les décors changent aussi beaucoup.
Pourtant ce "Macbeth" semble reprendre de nombreux dialogues de la pièce originale (que je ne connais pas), les rimes, un phrasé un peu guindé et froid, et surtout un nombre de mots trop important gâchent le film.
L'histoire est pourtant très intéressante, les acteurs sont bons, la mise en scène, les cadrages et donc la réalisation de manière générale sont excellents (je pense notamment à la bataille en début de film où sont alternés des plans à vitesse normale et des plans en ralentis absolument merveilleux, ou encore à ces scènes aux lumières tristes où à la vue enfumée). L'adaptation est bonne, on comprend l'histoire, et le tout semble cohérent.
Alors pourquoi avoir gardé ces dialogues ? Le film très bavard en devient assommant, il perd en réalisme puisque l'action nous est contée par les dialogues : ce qui au théâtre nous aide à adjoindre à la scène notre imagination, est ici inutile puisque les images font déjà le travail. Le film très bavard en devient même un peu ennuyeux.
Ce film a donc, selon moi, tout pour lui, sauf ses dialogues.