"Mad dogs" est une histoire de gangsters mais n'en a pas les formes d'action courantes, du moins celles que l'on conçoit dans le cinéma policier, et son intrigue est volontairement superficielle. D'une part, elle est circonscrite au lieu quasi unique d'une boite de nuit et, d'autre part, les protagonistes sont aussi typés que minimalistes. A l'évidence, le réalisateur Larry Bishop joue avec les codes de films de truands; il affiche une dérision quelque peu étrange initiée par le caractère irréaliste de certains décors et situations, par la définition évasive des personnages et des relations qu'ils entretiennent entre eux.
Au moment où Vic, féroce chef de bande apparemment, s'apprête à sortir de son asile psychiatrique (!), ses ennemis, ses amis et faux amis marquent leur territoire.
Loi du milieu, les règlements de compte prennent ici une tournure quasi burlesque et constituent, sans qu'on sache véritablement quels en sont les enjeux, les seuls incidents de l'intrigue. A travers les éliminations successives des protagonistes, le réalisateur montre ce qu'a de grotesque la tragi-comédie mafieuse dont les acteurs sont tour à tour les bourreaux et les victimes.
Cependant, pour ceux que la singularité du scénario et de l'humour de Bishop ne convertisse pas tout à fait, le film peut sembler un exercice un peu vain.