Notes sur le film : Alors que Scream est sorti en 1996, Mafia Blues a repris le flambeau de la métatextualité en 1999, en prenant la mafia en dérision. Outre la présence de Roberto De Niro, figure majeure du film criminel contemporain, le long-métrage réalisé par Harold Ramis multiplie les clins d’œil envers le chef-d’œuvre Le Parrain (1972), et plus généralement, travaille autour des clichés véhiculés par le cinéma américain. Si quelques dialogues et situations décrochent des sourires, la faiblesse du jeu de Robert De Niro dans la comédie, à cause de l’unidimensionnalité de son expressivité, limite l’envergure et l’ambition de Mafia Blues, et fait porter tout le poids du film sur les répliques, parfois inspirées, souvent non, ou sur la co-star Billy Crystal, parfois inspiré, souvent non. L’humour se situe rarement sur des situations reposant sur le visuel, car les deux acteurs principaux ne sont pas du tout portés sur le burlesque – et dans le cas de Robert De Niro, c’est tristement visible, par exemple dans les scènes où l’acteur pleure.
Par ailleurs, pour un public actuel, il est impossible de ne pas penser à la série Les Soprano, lancé deux mois plus tôt en Amérique, et qui traite du même sujet. Mais la série emblématique de Chase écrase comparativement tout sur son passage, en étant même plus savoureuse d’un point de vue humoristique que Mafia Blues. Et, soit dit en passant, est bien moins fascinée par la mafia que Mafia Blues : la fin du film, où le psychiatre profite largement d’un avantage offert par sa connexion avec le personnage de mafieux de Robert De Niro, interroge sur la vision du cinéaste sur la compromission.