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10 critiques
Quel ennui...
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le 1 janv. 2026
Un biopic... Enfin catalogué comme tel. Vraiment, le genre dont je me méfie le plus. Mais soit, allons-y.
À noter aussi que je ne connais pas le cinéma de Lav Diaz. Je comblerai bien cette lacune, car j’ai énormément apprécié la qualité, la radicalité et l'intransigeance du parti pris esthétique du film. La caméra ne fait un travelling qu’à un seul moment — quand la caravelle arrive en vue de l’île de Cebu (ou Mactan, peut-être). Pour le reste : plan fixe, matin, midi et soir. Cut. Pas de fondu. Pas de musique extra diégétique, bien sûr. C’est une austérité parfaitement maîtrisée qui fonctionne, et qui m’a beaucoup plu.
Cependant, cette intransigeance est presque étouffante par moments. On est plus ou moins sensible à ce désir photographique du plan bien ordonné ; personnellement, je suis client vous l'aurez compris. J’aime prendre le temps de décrypter la grammaire interne du plan, et Diaz s’y entend quand même sacrément bien. Et j’apprécie beaucoup le fait que le film se repose sur la curiosité et l’attention de ses spectateurs.
Il y a néanmoins, dans cette exigence esthétique, et en particulier dans la partie au Portugal un désir de coller aux représentations picturales de la peinture espagnole du Siècle d’Or — mais on est plus proche de Francisco de Zurbarán, qui n’arrivera que plus tard, que d’El Greco, presque contemporain. Presque. Et ça ne fonctionne pas vraiment. C'est très limite. Le plan cinématographique et la peinture sont vraiment deux démarches différentes, et presque opposées, en tant que l’une s’inscrit dans une durée et l’autre non.
Pour continuer sur cette vision européenne, il y a la représentation des peuples premiers, qui est teintée d’indigénisme et qui accuse un certain retard. Ils ne sont que trop rarement montrés en dehors de l’aspect religieux et rituel de leurs civilisations.
Certes, on parle du début de la colonisation espagnole des Philippines et de la christianisation à marche forcée et brutale de l’archipel, et Diaz s’attache particulièrement à montrer la place du conflit religieux y compris dans les contradictions internes de Magellan — premier conflit sur le bateau, où il débarque, le prêtre et un noble accusés de fomenter une mutinerie — mais ce choix m’interroge.
Je me demande s'il n’y a pas aussi une volonté d’européaniser à dessein son regard pour ne montrer que cette partie-là. Montrer les choses telle que la légende coloniale l’a écrite dans ses livres de bords ? Ou pour échapper à tout type de reconstitution historique précise, qu’il ne peut s’offrir ou même n’a pas envie d’adopter ? Je lui poserais bien la question.
Ce qui remarquable c'est le fait que dans cette biographie, les choses sont remises en ordre : on ne filme pas un monde qui tournerait autour du sujet, mais un sujet qui tourne autour du monde, dont il est une partie.
On finit avec l’astuce classique du narrateur caché pour nous emballer tout ça. Dac. On le voit venir, mais c'est OK. J’achète. Une chose est sûre : je verrai d’autres films de ce réalisateur, dont j’avais repoussé le visionnage ou ignoré l’existence.
Créée
le 4 janv. 2026
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