A la Guadeloupe, La Soufrière s'agite. Une éruption majeure est-elle à anticiper ? Le préfet veut jouer le principe de précaution et faire évacuer une partie de l'île. Katia, chargée de surveiller le volcan, conseille de prendre des mesures au juste besoin.
Ne vous attendez pas à un film catastrophe, "Magma" est plutôt un drame politique. Il n'y aura d'ailleurs que quelques effets visuels et aucune scène vraiment spectaculaire. Le film se veut plus subtil, évoquant la relation entre l'autorité (le préfet) et les conseillers scientifiques. Dont une curieuse inversion des rôles (du moins au départ) : contrairement aux clichés des films catastrophes, c'est le scientifique qui rassure et la figure de pouvoir local qui inquiète !
"Magma" évoque ainsi les difficultés à prendre les bonnes décisions, alors que les paramètres changent régulièrement et sont soumis à interprétation. Et que la population défie ouvertement les compétences et les intentions des pouvoirs.
Le film évoque donc en filigrane la précédente alerte de 1976, où une évacuation controversée avait été dictée (par ailleurs filmées par Werner Herzog dans son documentaire "La Soufrière"). Tandis que ses réflexions renvoient évidemment à la crise plus récent du covid-19.
Malgré quelques pirouettes visibles pour éviter de filmer de grands effets, la mise en scène fonctionne. Et elle s'appuie surtout sur les bons comédiens. Marina Fois en volcanologue instinctive, fatiguée de voir des décisions prises pour des raisons politiques. Secondée par Théo Christine en adjoint qui entre de plus en plus en conflit avec elle.