En 1976, le volcan La Soufrière, en Guadeloupe, commence à inquiéter. Malgré des désaccords parmi les volcanologues, les autorités ordonnent l'évacuation d'une partie de la population. Probablement pour éviter un désastre comme celui de la Montagne Pelée en 1902 en Martinique.
Inconscient, provocateur, ou sensationnaliste, Werner Herzog débarque après l'évacuation, force les barrages, et va filmer les zones désormais interdites. Un choix moralement très discutable, faisant presque l'apologie de la prise de risque inconsidérée. "Presque" car l'évacuation était contestée par certains scientifiques. Mais cinématographiquement c'est très intéressant.
Herzog filme ces villes quasi-désertes, quittées en hâte par leur population, et interroge certaines irréductibles, restés car ils n'ont rien de mieux à faire qu'attendre une morte possible. L'occasion de réflexion sur le destin ou la religion. Ainsi qu'un témoignage presque apocalyptique, notamment lorsque Herzog fait justement le parallèle avec l'éruption de la Montagne Pelée.
Quant à l'aspect sensationnaliste, le réalisateur s'en amuse finalement. Déjà, de par le titre (en allemand "Warten auf eine unausweichliche Katastrophe" - attendre une catastrophe inévitable). Puis, de par son introduction pompeuse sur les dangers de l'éruption... alors que l'on sait que le volcan n'a pas explosé, sinon Herzog n'aurait probablement pas survécu ! Enfin, de part les derniers dialogues assez amusant et ironique sur sa frustration de documentariste à n'avoir pas pu filmer la catastrophe du siècle...
L'ensemble ne dure que 30 minutes, mais mérite un coup d'oeil.