Quand il y repense, Harry a eu une enfance de merde. Môme, c'était déjà le mec qui se faisait remarquer pour de mauvaises raisons et ce, bien avant d'être ce type qui gomme tout les problèmes, tout ce qui dépasse, en sortant son canon long.
Il avait déjà du mal à porter ses cheveux alors un Magnum, ce n'était même pas la peine d'y penser.
Avant, il était tout petit, tout maigre, tout moche. Il avait de gros cheveux auxquels il avait le plus grand mal à donner l'apparence de quelque chose de sortable. Sans faire peur aux gens, sans qu'ils se sentent agressés avant qu'il ait eu le temps d'ouvrir la bouche je veux dire. Parce qu'avec son haleine de tigre aussi, c'était jamais gagné.
Et puis il puait. Un vrai crasseux. Bon il n'aimait pas l'eau, c'était de famille. Chez les Callahan, boire de la flotte, s'y tremper le cul, c'était une honte.
« Dieu nous a donné une odeur, il faut en être fier. Et puis le whisky, la putain de sa mère, c'est pas pour les chiens ! La flotte oui. Et les Callahan sont pas des chiens» disaient les mâles à grosses touffes de sa famille.
Tiens! Maintenant qu'il y repense, il ne se souvient pas de la moindre personne de sexe féminin s'appelant Callahan. C'est marrant.
On l'avait surnommé « Lapisse » parce qu'il sentait l'ammoniac. Harry la pisse. Et ça l'accompagnait encore aujourd'hui qu'il était dans la police.
Aux Stazunis on l'appelait Dirty (ça veut dire Lapisse en Stazunien) Harry (ça veut dire Harry).
« Dirty Harry ça claque comme les popotins lors d'une soirée Pharma » se disait-il et il n'avait pas tort.
Il avait fait son trou. À coup de ce gros flingue que lui avait légué son vieux.
« Tu verras fils, il est long, lourd et chaud. Il faut parfois le tenir à deux mains. Quand tu le sors il fait peur, surtout aux femmes. Tu verras fils, ce canon-long est ton meilleur ami »
Dans le premier, « L'inspecteur Lapisse »on avait essayé de lui refiler un coéquipier de genre Latin. Il était sympa mais bosser avec Lapisse l'avait refroidi.
Il avait depuis quitté les flics pour cuisiner des Fajitas à la perruche dans une camionnette aménagée bien bien pour la boustifaille.
Aujourd'hui, Lapisse se trimbale avec un nouveau copain, tout bronzé et avec de plus gros cheveux que lui.
Un peu jaloux quand même, Lapisse le méprise.
Il sent que si ça continue comme ça, ils ne vont pas tarder à lui refiler une fendue. Les cons.
Là, c'est du carnage, du résiné qui colore les piscines, la racaille qu'on nettoie sous son nez, les méchants qu'on trucide !
Mais 'cré nom de Dieu ! Qui vient pisser dans le jardin de Lapisse ? Faut pas déconner ! C'est lui le mec qui trucide le malfrat, lui qui est là pour ouvrir les portes des Enfers pour les gens qui vivent pas sur le chemin de la droiture. Qui sont ces gens qui viennent lui piquer son boulot ?
T'inquiète pas mon pote, Lapisse a un détecteur à quand ça sent mauvais et il va vite trouver qui c'est qui schlingue sa race.
On lui fait pas à l'envers à Lapisse.
Carrément pas même, t'imagines ? Il en mettrait partout.
Du Cimino, du John Milius, du Clotaire, du Ted Post, du Ken Hutchinson, du Robert Urich (pour faire comme à la télé), du bonheur à l'ancienne.
Quand y'avait encore des hommes.
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