Il est pas si mal ce docu sur une ado qui va tenter de faire le tour du monde en solitaire tout en visitant quelques lieux, même si forcément je suis jaloux. Je suis jaloux parce que je ne l'ai pas fait moi et que je ne pourrai jamais faire mieux qu'elle, tout en sachant que lorsque j'avais 14 ans j'avais d'autres préoccupations. Même si en vrai je ne suis pas un marin, je suis bien plus attiré par la montagne que par l'océan son voyage me fait grandement envie. Seul, coupé du monde.
J'ai trouvé le film assez émouvant parce qu'il est assez positif, on ne la voit pas pleurer parce que ça fait 40 jours qu'elle est seule (bon peut-être qu'elle ne s'est pas filmée non plus), on la voit quasiment toujours entrain d'aller de l'avant, de se satisfaire de sa condition, de prendre du plaisir à faire ce qu'elle fait. Et donc bien vite se pose la question du retour, comment peut-on rentrer à 16 ans en Hollande et continuer à vivre comme avant ? Comment est-ce possible ? Comment peux-tu encore te sociabiliser, comment peux-tu aborder quelqu'un, commencer une conversation alors que tu as vécu 2 ans seul, et qu'à 16 ans tu as déjà vécu plus que la plupart des gens durant toute leur vie ?
Surtout que là ce n'est pas un truc organisé par un tour opérateur, mais quelque chose de planifié "à la maison", avec tous les risques que ça comporte.
Forcément les gens lui ont mis des bâtons dans les roues et je pense que c'est aussi de la jalousie, jaloux parce qu'elle veut entreprendre quelque chose, parce qu'elle peut réussir à faire quelque chose que tu n'aurais jamais eu l'idée d'avoir.
Mais elle réussit et forcément elle se rend compte qu'il n'y a aucun retour possible, qu'après cette expérience le retour à la "normalité", au quotidien n'est envisageable, elle est allée trop loin, a fait trop de choses et tant mieux. Tout le monde n'est pas destiné à être normal...
Et si je ne pense pas que le film apporte quelque chose de purement cinématographique dans son traitement, ça ne l'empêche pas d'être vraiment pas mal, malgré qu'il soit un peu redondant tout en allant paradoxalement très vite et d'éviter le traitement façon reportage télé.