Tout est présent pour que ce soit bien, même le happy-love-end, des acteurs géniaux, une image superbe dans des décors extraordinaires que la caméra a su saisir et pourtant... On ne ressent rien, on ne rentre pas à l'intérieur de la mécanique des comportements amoureux, ni sensuels. On n'y rentre pas parce qu'on n'y est pas invité. On dirait que Valérie Donzelli veut garder le beau Jérémie Elkaïm pour elle toute seule. On dirait qu'elle empêche même Valérie Lemercier de partager une intimité avec lui. Ah, ça, la caméra nous montre sous tous les angles, la plastique flatteuse de Jérémie comme si ses beaux longs sourcils suffisaient à justifier le film. Bloqué dans le rôle du voyeur, le spectateur n'est pas convié à partager le plaisir de l'intime. Tout est fantastique et magnifié par la photo mais Donzelli radine, elle, protége jalousement l'émotion sincère amoureuse, et on s'ennuie. Quel dommage deux si beaux acteurs et une histoire si prometteuse pour faire du Amélie Poulain sans saveur. La fin est trop longue, ou quand de belles imagent comblent le vide abyssal de ce que l'on a à dire. A voir, un jour de pluie, si y a rien à la télé et encore...