Après l'excellent film "Le Procès Goldman" sorti il y a peu, Cédric Kahn nous apporte ici un film douteux, aussi bien sur le fond que sur la forme. On a eu quelques films qui parlaient de cinéma en 2023, notamment l'excellent film "Le Livre des solutions", mais on pourrait surtout le comparer à "Ça tourne à Séoul ! Cobweb", qui possède presque les mêmes ressorts narratifs (étonnant ou pas, j'ai aussi détesté cette proposition).
Le concept est pourtant sympa sur le papier, avec le film et le film dans le film se faisant écho, avec la comparaison du monde ouvrier. Mais il n'en fait pas grand-chose, tout semble très mécanique dans la démonstration. Même le concept du "making of" n'est que très peu et/ou mal utilisé.
Le film se révèle assez peu drôle, à part quelques très rares fulgurances. Le personnage joué par Jonathan Cohen est clairement raté de ce côté-là, même si la scène de la répétition m'a légèrement fait rire, avec son surjeu total. Et l'idée de le faire jouer un acteur à la grosse tête qui prend trop de place est assez rigolote et méta, mais étonnement, c'est plutôt raté, et son personnage peine à faire rire. On a pourtant l'habitude de le voir dans des personnages très drôles, comme "Une année difficile" l'année dernière (aussi un film social d'ailleurs, qui était douteux sur le fond, mais généreux en rires).
Le film se permettra de faire une fausse scène bêtisier, où le duo à l'écran fera semblant d'éclater de rire, on est à un stade de gênance assez accru. Je ne parlerai pas de la romance complètement inutile qui finira sur une happy end malvenue, avec Joseph, le personnage joué par Stefan Crepon, qui arrive à être pris au sérieux par l'équipe, alors que c'est juste un figurant qui a fait un scénario nul.
Bref, nous avons ici une belle coquille vide. Je m'attendais à une comédie (c'est comme ça qu'il est vendu pourtant), mais ce n'est pas un film spécialement drôle, ne nous reste qu'un propos sur la création cinématographique, avec en comparaison les revendications ouvrières, mais cela ne marche pas vraiment. Le film exécute son petit plan sans aucune âme, avec des personnages très mal écrits qui possèdent des évolutions peu vraisemblables, tout cela pour finir de manière heureuse un peu gratuitement. J'attendrai le making-of de "Making of" pour m'expliquer ce naufrage.
(Vu le 13 janvier 2024 au cinéma)