Quand on regarde Mal de pierres, on plonge dans un roman comme ceux que lit l’héroïne, comme les Hauts de Hurlevent dont elle s'imprègne. Et effectivement, Gabrielle est d'emblée en quête d'une histoire passionnelle.
Mal de pierres c'est une histoire d’amour qui nous offre une galerie de personnages pittoresques et ô combien littéraires:
Une héroïne et une femme marginale qui va à contre-courant et qui vit au rythme de ses émotions comme dans cette scène où les paysans récoltent la lavande face à la caméra tandis qu'elle lui tourne le dos et fuit le réel. Ce qui est vraiment surprenant chez Marion Cotillard c’est son potentiel à jouer plusieurs âges et plusieurs corps de femmes à la fois : petite fille brute au visage de poupée au départ, femme douce et élégante ensuite.
Le personnage d’André Sauvage, parfaitement incarné par Louis Garrel, semble lui, inéluctablement lié à la nature et au paysage suisse qui entourent le centre thermal dans lequel Gabrielle et lui se font soigner. André Sauvage est ailleurs, lui aussi en quête d’apaisement avec pour seul réconfort son livre de chevet : Propos sur le bonheur.
José, le mari, par sa présence silencieuse et bienveillante, est incroyable d’abnégation pour une femme qu’il ne prétend pas aimer.
Le cadre est très joliment filmé, emprunt de couleurs et de poésie, il fait partie intégrante du cheminement de l'héroïne.
Encore une fois au travers de ce film, Nicole Garcia témoigne de son goût pour les histoires personnelles complexes tout comme dans Un balcon sur la mer et c'est toujours aussi agréable à regarder.