Je mets trois. Donc trois points.
Un pour le chien
Un pour Michelle Pfeiffer, toujours aussi classe et pour sa fille, drôle et sexy, le seul personnage un tant soit peu fouillé du film.
Un enfin pour De Niro, ému aux larmes face à la projection des "Affranchis".
Luc Besson a une capacité rare et formidable, que l’on a trop souvent tendance à oublier et que le réalisateur cache lui-même derrière les quelques rares bons films de sa filmographie : celle de réaliser avec talent de bons gros navets. L’image de celui-ci est laide, bourrée d’auto-plagiats et de ralentis à deux balles faussement stylisés. Le scénario est tellement cliché que je n’ai dès lors plus l’envie de lire le livre dont il est l’adaptation. Papy Scorsese, parce que producteur exécutif, est référencé partout (comme pour mieux lui lécher les bottes et le remercier de sa présence au générique et au budget) ce qui devient à la longue très lourd. La violence qu’il déploie n’a rien de la dureté d’un "Nikita" ou de la jubilation d’un "Léon", mais se révèle débile et ridicule. L’humour est si balourd qu’on a l’impression que Besson se prostitue sans cesse au public américain pour leur livrer autant une vision idéalisée de leur peuple qu’une comédie grassouille et nunuche dont ils raffolent, bourrées de bonnes blagues ridicules sur le peuple français, résumé ici en un personnage d’épicier moustachu et mal poli. L’intrigue est réduite à son minimum vital (le seul but du mou personnage de De Niro est de restaurer l’eau dans sa maison… bonjour l’intrigue palpitante !) et parvient même à se ridiculiser encore plus quand elle tente de se transformer, ni vu ni connu, en drame familial et tragique que le réalisateur voudrait intense.
Raté, on ne ressent toujours aussi rien, si ce n’est un ennui profond, qu’on semble partager avec un Tommy Lee Jones perdu et déprimé face au spectacle navrant d’un film qu’il sait d’avance raté.
Reste encore un seul espoir : que Besson nous épargne l’adaptation de la suite.