Je mets trois. Donc trois points.
Un pour le chien
Un pour Michelle Pfeiffer, toujours aussi classe et pour sa fille, drôle et sexy, le seul personnage un tant soit peu fouillé du film.
Un enfin pour De Niro, ému aux larmes face à la projection des "Affranchis".


Luc Besson a une capacité rare et formidable, que l’on a trop souvent tendance à oublier et que le réalisateur cache lui-même derrière les quelques rares bons films de sa filmographie : celle de réaliser avec talent de bons gros navets. L’image de celui-ci est laide, bourrée d’auto-plagiats et de ralentis à deux balles faussement stylisés. Le scénario est tellement cliché que je n’ai dès lors plus l’envie de lire le livre dont il est l’adaptation. Papy Scorsese, parce que producteur exécutif, est référencé partout (comme pour mieux lui lécher les bottes et le remercier de sa présence au générique et au budget) ce qui devient à la longue très lourd. La violence qu’il déploie n’a rien de la dureté d’un "Nikita" ou de la jubilation d’un "Léon", mais se révèle débile et ridicule. L’humour est si balourd qu’on a l’impression que Besson se prostitue sans cesse au public américain pour leur livrer autant une vision idéalisée de leur peuple qu’une comédie grassouille et nunuche dont ils raffolent, bourrées de bonnes blagues ridicules sur le peuple français, résumé ici en un personnage d’épicier moustachu et mal poli. L’intrigue est réduite à son minimum vital (le seul but du mou personnage de De Niro est de restaurer l’eau dans sa maison… bonjour l’intrigue palpitante !) et parvient même à se ridiculiser encore plus quand elle tente de se transformer, ni vu ni connu, en drame familial et tragique que le réalisateur voudrait intense.
Raté, on ne ressent toujours aussi rien, si ce n’est un ennui profond, qu’on semble partager avec un Tommy Lee Jones perdu et déprimé face au spectacle navrant d’un film qu’il sait d’avance raté.


Reste encore un seul espoir : que Besson nous épargne l’adaptation de la suite.

Charles Dubois

Écrit par

Critique lue 278 fois

1

D'autres avis sur Malavita

Malavita

Malavita

3

Gand-Alf

2256 critiques

Le débarquement.

Sans détester son cinéma pour autant, je n'attend, comme c'est le cas pour beaucoup de monde, absolument rien du cinéma de Luc Besson depuis au moins "Le cinquième élément". Au point que "Malavita",...

le 1 déc. 2014

Malavita

Malavita

6

-Marc-

898 critiques

Les valeurs de la famille Capone

Tout d'abord, il faut dire que c'est un film de Luc Besson, donc c'est forcément nul. Tout n'est que clichés et personnages caricaturaux. C'est filmé avec les pieds. C'est du Besson. Sauf que... Sauf...

le 15 nov. 2014

Malavita

Malavita

4

Truman-

1095 critiques

La légende veut que Luc Besson écrive ses scénarios les yeux bandés

Quand Luc Besson ne produit pas des films a fric ou qu'il ne met pas en place un cinéma VIP il se met a son ancienne activité, réaliser lui même des films a fric . Malavita c'est le symbole même du...

le 13 déc. 2013

Du même critique

La Tête haute

La Tête haute

3

Charles_Dubois

1042 critiques

"Seule contre la justice ! J'les encule tous ces bâtards !"

Oreilles pudiques s'abstenir. Ici on est dans du réalisme madame. Du vrai. "La Tête Haute" est typiquement le cinéma que je vomis. Celui qui se dit "social" et qui de ce postulat décide de se...

le 13 mai 2015

Au boulot !

Au boulot !

7

Charles_Dubois

1042 critiques

"On prend sur soi."

Il y a au départ la petite histoire qui donne son origine cocasse au film : la rencontre, tumultueuse pour le moins, de François Ruffin avec Sarah Saldmann, chroniqueuse sans grande finesse du...

le 2 oct. 2024

La Nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé

La Nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé

8

Charles_Dubois

1042 critiques

"Le drame de ma vie c'est de t'aimer."

La Nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé est probablement l'œuvre la plus dure et la plus mure de Xavier Dolan, construite comme une compilation presque étouffante de tous ses thèmes, de toutes...

le 21 févr. 2023