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le 12 janv. 2021
SuivreL'ange est là
À la mort de leur mère trois enfants voient apparaitre Angela, c'est elle qui va prendre soin d'eux et de l'appartement. Sauf que cette femme est d'une beauté terrassante, dans un premier temps...
Malizia a l’élégance de son actrice principale, Laura Antonelli, et interroge le désir refoulé au sein d’une société italienne où règnent l’interdit et la censure après la Seconde Guerre mondiale. Salvatore Sempi prend un malin plaisir à subvertir la morale et s’attache à des personnages qui, quel que soit leur âge ou leur origine social, transgressent, chacun à leur manière, la frontière entre le Bien et le Mal, conformément à la définition du Mal tel que circonscrite par Georges Bataille dans son essai La Littérature et le Mal : une angoisse partagée, laissant supposer que tout risque d’aller mal – nous nous sentons constamment au bord de la catastrophe –, un sentiment de culpabilité lié à deux pulsions concurrentes, le voyeurisme et l’exhibitionnisme, c’est-à-dire la fascination de voir sans être vu et, a contrario, d’être vu en feignant de ne pas le voir, une inversion de la sacralité, le film n’ayant de cesse de dégrader le culte chrétien en autant d’occasions offertes au péché.
Et l’intelligence de Malizia réside justement dans ce partage du Mal à tous, hommes comme femmes : le jeu de cruauté qu’entretient Nino avec Angela finit par s’inverser durant une séquence de cache-cache magistralement mise en scène, sa volonté d’abuser de la domestique de maison se heurte à une inexpérience que saisit cette dernière pour assouvir à son tour ses désirs. Aussi Angela s’inscrit dans une galerie de femmes puissantes qui gouvernent un masculin persuadé du contraire, habitué à hurler sur ses ouvriers, à parler haut et à croire en sa supériorité : l’épouse disparue continue de hanter la famille, la mère atteste une autorité matriarcale qui raccorde le chef de famille prétendu au petit garçon qu’il était, la servante occupe l’esprit des hommes et parvient à occuper le centre de leur vie, et leur milieu social. Revient comme un refrain l’image du « jeu », explicitée dès le début du long métrage par la balle que veut faire rebondir Enzino dans des pièces occupées à accueillir la préparation de l’enterrement, qui correspond à cette corruption innocente des personnages, oxymore digne d’intérêt que sublime la photographie de Vittorio Storaro.
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il y a 6 jours
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