Madison Mitchell est en proie à de terribles visions qui viennent la hanter. Quelles en sont les origines, quelle est cette créature malveillante qui la suit ? Est-ce le fruit de son imagination ou bien est-il réel ?
James Wan persiste et signe dans le registre de l’horreur (un genre qu’il affectionne, à en voir sa filmographie). Avec Malignant (2021), le réalisateur oscille entre la Série Z et le film d’horreur et ne cessera de jouer la carte de la simplicité. Avouons-le, on en a franchement marre de ces films de genre qui ne font sursauter que les puceaux juvéniles. Marre de ces ambiances pourraves et prémâchées, où l’on retrouve toujours et encore les mêmes ingrédients du film d’horreur (lumières qui scintillent, les scream queens, les protagonistes évoluant dans le noir complet alors qu’il leur suffirait d’allumer cette putain de lumière (sont-ils tous cons ?), les portes qui grincent, la pénombre dans tous les recoins de la maison ou encore Jean-Michel qui s’amuse à foutre de la fumée dans tous les plans nocturnes en extérieur).
Si encore il n’y avait que la mise en scène qui pose problème, mais même la direction artistique est aux abonnés absents. Il n’y a qu’à voir le piètre jeu des acteurs (les sœurs et le duo de flics). En fin de compte, il n’y a que les 30 dernières minutes qui parviennent à nous extirper de notre léthargie (qu’est-ce que l’on peut s’ennuyer face à une histoire aussi inintéressante et plombée par des dialogues sur-explicatifs). La dernière partie permet cependant de « sauver » le film, avec la révélation de la créature malveillante façon body horror. A mi-chemin entre Sœurs de sang (1973) de Brian De Palma, Chromosome 3 (1979) de David Cronenberg ou encore Basket Case (1982) de Frank Henenlotter. L’apparence de la créature malveillante s’avère réussie et on comprend mieux son côté désarticulé et « marche-arrière ». Enfin, on aurait aimé que le réalisateur profite d’avantage des reconstitutions du "Seattle underground", il y avait réellement du potentiel, dommage que cela ne soit sous-exploité.
En dehors de quelques idées que l’on peut sauver, entre les travellings circulaires pimpés aux CGI, l’apparence de la créature ou encore de rares plans dévoilant un certain travaille scénographique (la fuite en prise de vue aérienne dans la maison ou la poursuite dans la ville), très franchement, James Wan reste égal à lui-même, oscillant entre le meilleur (Saw - 2004) et le pire (Insidious - 2011).
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