Alors, je ne connais pas le roman de Jean Ray au-delà de son titre, et du fait qu'il y est fait référence dans La Maison des Feuilles de Mark Z. Danielewski (et du coup, en voyant le film, oui, c'est assez logique), et j'ai aussi été attiré par le nom d'Harry Kümel, réalisateur de l'étrange Les Lèvres Rouges (qui lorgne lui du côté du Carmilla de Le Fanu, et j'arrête là pour les références littéraires). Et si on est assez proche de ce dernier film via l'ambiance étrange, étherré, et ces décors belges (Bruges et Ostende dans Les Lèvres Rouges, le vieux Gand ici), Malpertuis a aussi sa propre personnalité, plutôt unique, évoquant par moment quelque chose entre une adaptation de Poe par Corman, un film de la Hammer, et du David Lynch, voire du Bunuel. Un bien drôle de mélange, offrant des plans et des idées dignes d'un rêve enfiévré, d'autres gentiment bis, et servis par un casting tout aussi bizarre : Orson Welles, Michel Bouquet, Jean-Pierre Cassel et la jolie Susan Hampshire dans un troublant triple rôle.
Bref, une authentique curiosité à découvrir.