Suite directe de « Dogville », en changeant simplement le casting, ce qui est très déstabilisant au départ, car passer de Nicole Kidman à Bryce Dallas Howard et de James Caan à Willem Dafoe pour les mêmes personnages… et le sujet ni la même façon dont il sera traité, ne sera identique à « Dogville » même si ce sera finalement  :


une femme chassée d’une petite ville…


Toute fois, comme dans « Dogville », il s’agit de montrer la civilisation d’une société, de faire ressortir le meilleur chez les personnes, même si il faut des changements, ici, radicaux, pour cela.
Après le décès de la marâtre de la ville (incarnée par Lauren Bacall, déjà présente dans un autre rôle dans « Dogville »), Grace, encore idéaliste et ce malgré ce qu’elle vient de subir à Dogville, décide de l’occasion pour changer tout cela : la famille de la marâtre est ainsi punie, les esclaves noirs devenant une petite société, ayant des droits, etc. Et pour cela, il faudra du temps.
Mais les noirs veulent-ils vraiment ces changements ? Au début, ils se montrent très enthousiastes, mais sont-ils prêts pour cela ? De ne plus être des esclaves, dans des cases ?
Grace, ne se pose, malheureusement pas la question. L’injustice envers la population noire, la répugne et ce même si son père lui rappelle, que c’est eux (les blancs) qui les ont créer ainsi.
Donc voudrait-elle devenir la première blanche à créer une vraie société chez les noirs ?
Tout se passe bien à Manderlay pendant une bonne partie de l’histoire, tout le monde y mets du sien, Grace est vraiment acceptée et même si, pour créer un petit monde idéal pour les noirs, elle devra parfois employer la force. « Manderlay » est bien plus optimiste et moins cruel que « Dogville », tout comme les personnages. Ici, le vernis ne craquera que vers la fin d’un cynisme, d’une ironie (l’humour de Von Trier) et sans doute d’une lucidité absolue.
Le film est aussi bien plus philosophique, posé que son prédécesseur, même si le narrateur, est parfois sarcastique envers Grace, comme pour lui rappeler, sans qu’elle en ai conscience, l’inévitable chute de ce qu’elle bâtit. De ce fait, il y a des scènes un peu cul-cul la praline.
L’ensemble est aussi parfois un peu trop bavard, complexe, poussé philosophiquement et on attend patiemment la rupture dans cette société, parfaite, équitable.
Et que si Manderlay est une toute autre ville que Dogville : les habitants ne sont finalement heureux que sans changements idéalistes dans leurs vies, qui n’étaient sans doute pas parfaites (loin de là même) avant l’arrivée de Grace mais que personne ne cherchait non plus vraiment un changement.
Et cela, Grace, ne le comprendra que trop tard…
Côté casting, outre les visages habituels de Von Trier (Udo Kier, Jean-Marc Barr, Zeljko Ivanek), il y a des stars hollywoodiennes comme Danny Glover, des acteurs réputés pour leurs éclectismes (Isaach de Bankolé) et d’autres plus méconnues, tout le monde est solide mais c’est bien sur une Bryce Dallas Howard, âgée de 21 ans, en début de carrière, qui est particulièrement intense.
Il est dommage que par manque de succès de ce film (qui fut un bide), Von Trier n’ai pas tourné la suite, car personnellement, j’aurais aimé voir ce qu’aurait faite Grace à Washington.
Je ne mets que 6, car malgré la cruauté parfois immonde de « Dogville » mais dont le sujet rendait l’histoire intemporelle, « Manderlay », m’as moins parlé.

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le 31 juil. 2021

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Derrick528

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