Maniac Cop est bien différent de ce à quoi je m’attendais. N’ayant pour rapport à William Lustig que le remake de son Maniac avec Elijah Wood, je pensais m’engouffrer dans une brèche glauque. En place de cela, voilà que je me retrouve devant un truc qui tend plutôt vers le thriller à humour noir in fine assez inoffensif (malgré de jolis jeux d’ombre avec la silhouette menaçant du maniaque éponyme). Et pourtant, il y a tout de même quelques qualités à trouver dans tout ça.
Rien que ce générique qui vient nous fétichiser l’uniforme de police, le présentant comme un objet de désir et de danger, métamorphosant ce qui est censé nous protéger en une menace via le maniérisme de l’enfilage des gants et accessoires. Tout est déjà là pour livrer une œuvre qui va à contresens de la copagande des 80s. Tant et si bien que le tueur est un ancien héros de son service qui pour atteindre ce statut violait les lois, jusqu’à la disgrâce. De quoi étonner ses collègues simplets qui s’étonnent que les criminels aient des droits et regardent d’un mauvais œil son arrestation. Un regard critique sur les forces de l’ordre donc.
Et pourtant, nos héros sont eux aussi des flics. Un vieux briscard qui réfute d’emblée tout scepticisme, achetant immédiatement l’hypothèse de l’anguille sous roche lorsque les premières accusations sont portées d’abord sur des gamins, puis sur le personnage de Bruce Campbell. Puis ce dernier et sa maîtresse, piégés pour permettre au véritable tueur d’avancer dans sa quête de vengeance. Critique donc, mais ne jetant pas le bébé avec l’eau du bain.
Il y a par contre un souci de rythme. Si la première demi-heure va à toute vitesse, enchaînant mécanique meurtre, enquête, meurtre, enquête, par saynètes de cinq minutes chrono, et que la seconde va commencer à prendre quelques tournants inattendus (notamment la psychose qui s’empare de New-York dès lors que la presse s’empare de l’affaire) et à faire surgir le fantastique déjà brossé précédemment, le dernier tiers en pur film d’action tend à trainer la patte.
Série B honnête et bien plus digeste qu’escomptée, Maniac Cop vaut clairement le détour pour les amateurs du genre, quand bien même il peine à marquer sur la durée.