Maniac trasher, c’est un pitch ultra Z, des acteurs ultra Z, des décors ultra Z, bref du Z ! Mais à force de persister dans son thriller bancal, ce dernier développe des ersatz de qualité inattendus. Il doit sans doute être exagéré d’oser appeler efficacité les performances bourrines de Larry Drake, mais on est forcé de constaté que l’acteur est une baraque humaine ambulante qui renverse tout ce qu’il croise. Y compris les meubles ! Les défonçages de porte en carton et de murs en plâtre étaient indispensables pour témoigner de sa carrure, il fait donc preuve d’une certaine présence. Et pour peu qu’on se laisse porter par le charme nanar du film, il peut même se révéler distrayant. En effet, relativement peu de baisse de rythme, une tension simple à entretenir par le parcours de plusieurs personnes dans l’asile, qui tomberont toutes immanquablement devant le trasher, un vrai pro de l’équarissage. Le film marque des points par son absence de prétentions, et ne donne jamais moins que ce à quoi on s’attendait. Il fait même un peu mieux, car il s’aventure sur un terrain aussi bancal que jouissif : le bricolage. Quand les protagonistes se rendent compte qu’il n’y a aucun moyen de s’enfuir, ils se mettent à fabriquer des pièges avec le matériel laissé à leur disposition. Quoi de plus jubilatoire qu’un couloir d’électrocution improvisé ? On continue comme ça jusqu’à l’arrivée de la cavalerie, qui va bien évidemment ouvrir toutes les portes et se faire défoncer le portrait. Si les dialogues entre la psychiatre et le dingue vous ont saoulé, le dernier acte réserve encore quelques péripéties. En effet, le tueur a négligemment relevé l’adresse de cette chère docteur et kidnappe sa fille. La psychiatre se transforme alors en Ripley du Z, et débarque flingue au poing, couilles en bandoulière dans le repère des égouts du monstre. Irrémédiablement Z, mais vu qu’on est en mode repos, on trouve ça gentil et même assez sympathique. L’affrontement fait rage, on encourage avec des beuglements d’alcoolique la mère qui défend sa progéniture avec la hargne d’un berserker, avant un dénouement tout en subtilité explosive qui nous arrache une ultime acclamation. Un épilogue de 30 secs, emballez, c’est pesé ! Du bon gros Z pas si mal torché avec des acteurs un peu excités, mais tolérables, et un sens de l’action qui, même si il en reste très loin, rappellerait presque le style de William Lustig les soirs de bringue. Sans les maquillages de Tom Savini. Regardable le temps d’un après midi pluvieux.