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le 5 déc. 2020
SuivreMank a gagné?
Le mérite du film, c'est de nous dire que Citizen Kane (1941) a été écrit en majeure partie par Herman Mankiewicz et non pas par Orson Welles. Ils reçurent ensemble l'Oscar du meilleur scénario...
Ouais, c'est en noir et blanc. C'est chiant. On est dans les années 20 (2020), pas 30 (1930).
Pourtant David Fincher nous a sorti une énième pépite, ici à partir d'un scénario que son père décédé avait écrit dans les années 90 (ça fait beaucoup d'époques différentes, là).
Pour moi, à la base, David Fincher c'est surtout un gars super fort pour mettre en scène des serial killers, comme dans Seven, Zodiac, Gone Girl, Mindhunter... Fight Club ça compte ?
Là, il nous pond un film sur un scénariste d'Hollywood alcoolique et (ça va avec) particulièrement honnête, ou cynique, faut voir. Et c'est l'excellent Gary Oldman qui se charge de l'incarner et de distribuer une punchline à chaque fois qu'il ouvre la bouche. D'ailleurs cette manie de faire des phrases est certainement l'un des points forts du film, en tout cas c'est ça qui m'a le plus plu.
Si ces jolis dialogues viennent directement de la plume de papa Fincher, alors chapeau. Il n'y avait plus qu'à le filmer et c'est très bien filmé. C'est un peu comme si l'immense dialoguiste Michel Audiard avait eu un fils qui s'est révélé être un excellent réalisateur. Oh, wait...
Je ne connaissais pas du tout Herman Mankiewicz, même si j'ai vu Citizen Kane dont il est l'auteur... J'ai sans doute zappé son nom au générique, me focalisant sur l'aura démesurée d'Orson Welles.
Alors, certes, ce film romance forcément la personne qu'est "Mank" car il faut bien en faire un personnage. Après tout, le cinéma c'est fait pour vendre du rêve, c'est une usine à mensonges. Et c'est l'un des propos du film. Ça, ainsi qu'une certaine diatribe sociale.
Grâce au film j'ai notamment appris que la campagne politique de cet immonde gauchiste d'Upton Sinclair avait été discréditée de manière assez discutable. En gros, pour dissuader les gens de voter pour celui qui voulait en finir avec la pauvreté, ces chers républicains n'ont pas hésité à diffuser des fake news, notamment par le biais de l'audiovisuel.
Mais ce n'est qu'une intrigue parmi d'autres dans ce film, même si ça rejoint le propos global : dans un monde de mensonges, être une honnête épave verbeuse comme Mank, c'est le moindre mal.
Bref, même si le noir et blanc peut vous rebuter (comme moi) et que vous vous fichez du cadre historique comme de l'an 40, sachez que ce film vaut quand même le coup, notamment pour ses dialogues. Et c'est déjà pas mal.
Créée
le 13 août 2026
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