Marebito
6.3
Marebito

Film de Takashi Shimizu (2004)

L'horreur... l'horreur... l'horreur...

7,5/10

Quand j'ai vu Marebito il y a un peu plus de 10 ans, sur les conseils d'un pote cinéphile, je ne me suis pas rendu compte tout de suite à quel point ce film allait me hanter.


Le pitch : un vidéaste solitaire est obsédé par une vidéo dans laquelle un quidam se suicide au couteau dans les couloirs du métro. Il croit déceler dans le regard de cet homme - juste avant le geste fatidique - une terreur inexplicable. Il part donc en quête de la source de cette terreur, caméra au poing, dans les couloirs vides du métro et les souterrains de Tokyo.


Shimizu filme donc la peur, et c'est d'ailleurs entre les tournages de ses deux versions de The Grudge (le japonais et l'américain) qu'il boucle Marebito, en 8 jours, avec des moyens de production extrêmement limités. Ni jumpscare, ni menace de monstre baveux ou de spectre horrible ici. Mais un profond malaise qui m'a hérissé les poils et donné des sueurs froides encore des années après.


Pour servir cette ambiance glauque, il y a déjà l'utilisation de la VHS et d'un grain d'image bien dégueulasse (c'est du found footage). Mais aussi une virtuosité du hors champ qui s'insinue dans chaque zoom, dans chaque regard écarquillé, dans chaque plan angoissant sur un paysage urbain sans intérêt.


Les quelques SFX de paysages souterrains de mauvaise facture concourent à cette atmosphère oppressante. On compte sur l'imagination du spectateur, et c'est une bonne chose.


La narration pesante du protagoniste crée quelque chose de glaçant, une attente troublante, et Shinya Tsukamoto est absolument terrifiant dans sa normalité étrange (dans Nightmare Detective il est génial aussi).


Ce qui commence comme une plongée fébrile, mi-Lovecraftienne ,mi-Murakamienne, dans un monde souterrain fantastique hanté par des créatures inquiétantes se mue très vite en une chronique hallucinée des errances d'un aliéné qui perd de plus en plus pied avec une réalité aux sinistres accents de séquestration incestueuse.


Contrairement aux oeuvres occidentales ou ce qui est réel et ce qui est imaginaire sont deux choses différentes, dans l'art japonais les deux sont fusionnés sans qu'il soit besoin de faire le tri. C'est dans cette zone grise que le film trouve sa force évocatrice toute simple. Qui m'aura si durablement impressionné.


Shrak
8
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le 26 août 2025

Critique lue 28 fois

Shrak

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