8
le 12 avr. 2013
SuivreSoudain le gouffre.
On dit souvent que l'on écrit en priorité sur ce que l'on connait. Pour son premier film, J.C. Chandor prend cette maxime à la lettre, reproduisant à l'écran un monde qu'il connait bien (son père a...
Sorti en 2011, Margin Call s'inscrit dans le sillon des films inspirés par la crise des subprimes de 2007, dans la gémellité, entre autres, de The Big short, lui-même basé sur le livre de Michael Lewis.
Alors que ce dernier tirait partie d'une mise en scène plus aérée, J.C. Chandor a lui opté pour une réalisation en - quasi - huis clos. Alors qu'une banque d'affaire réalise avec effroi qu'elle possède une quantité dangereuse de produits pourris, le spectateur se voit immiscé dans sa réaction face aux prodromes de la crise naissante. S'en suit un carrousel de financiers, de l'analyste junior au CEO, enchaînant les réunions de crise, chacun allant de sa petite opinion sur le sujet.
Malgré un casting flamboyant et des jeux d'acteur dont on ne trouve rien à redire, on se demande tout de même, lorsque le film touche à sa fin, ce qu'il nous a apporté. Car c'est l'altissime défi auquel chaque réalisateur doit s'atteler lorsqu'il met en scène un huis clos : la matière du film se constituant essentiellement de dialogues, ils se doivent de nourrir le spectateur en lui insufflant un message, ou - chose plus sensible encore - une leçon. C'est ici que Margin Call pêche. C'est un sujet complexe que la finance et, conscient du public néophyte auquel il s'adresse, Chandor aurait pu délaisser son indolence au profit de dialogues plus didactiques. Il aurait été facile d'entraîner progressivement le spectateur dans cette spirale effrénée qu'est la crise en instillant une dose de réalisme dépassant le seul cadre de la banque. À la place se côtoient lors des longues réunions termes techniques et formules sagaces dans un salmigondis exacerbé par la théâtralité frelatée qui se dégage de ces scènes. On débouche vite sur un amas de personnages aux traits caricaturaux qui font presque oublier le fond du film, la gravité de la crise à venir. Alors sont effectués quelques tours de passe-passe à coups d'analogies verbeuses qui nous en apprennent davantage sur le locuteur que sur son sujet même. Au final, 1h50 passent sans qu'on se soit vraiment épris de la situation, tout au plus diverti par les innombrables "fuck" qui parsèment les discussions.
Portrait grossier d'une banque d'affaire, Margin Call reste une balle perdue. Sans qu'aucun engouement ne se dégage du sujet, on ne ressort pas plus grandi de ce film, si ce n'est moins confiant envers un milieu qu'on n'a pas mieux appris à connaitre.
Créée
le 21 mars 2020
Critique lue 117 fois
8
le 12 avr. 2013
SuivreOn dit souvent que l'on écrit en priorité sur ce que l'on connait. Pour son premier film, J.C. Chandor prend cette maxime à la lettre, reproduisant à l'écran un monde qu'il connait bien (son père a...
7
le 15 avr. 2012
SuivreL'année dernière, on avait eu le droit à The Company Men avec Ben Affleck et Tommy Lee Jones, ce film traitait sur la destinée de deux hommes de différentes générations impactés par l'impitoyable...
5
le 5 janv. 2012
SuivreBon, tout d'abord, je suis d'accord, pour un premier film, Chandor nous propose un casting de folie, sur un thème pas forcement facile. Mais justement, en voulant vulgariser la haute finance pour...
5
le 30 août 2019
SuivreCinq ans après l'enlèvement de Michel Houellebecq, Guillaume Nicloux revient avec sa mascotte - et l'équipe de bras cassés qui l'avaient kidnappé - pour un deuxième opus. Le décor a changé pour une...
8
le 20 août 2019
SuivreParasite est un film étonnant qui m'a laissé derrière soi comme un arrière-goût de trésor volé sous les yeux. C'est indéniablement un bon film, mais par les choix scénaristiques qui ont été faits, je...
9
le 9 oct. 2019
SuivreQuelle claque ! La jetée est une œuvre précurseuse et résolument futuriste dont l'influence ne cessera d'irriguer un grand pan du cinéma de science-fiction dès sa sortie en 1962. Il ne faut pas se...