L'actrice lettone Maria Leiko a eu son heure de gloire dans les années 20, au théâtre et dans le cinéma muet, notamment sous la direction de Murnau. Maria's Silence raconte, dans un noir et blanc somptueux, qui fait écho à l'expressionnisme allemand, les deux dernières années de sa vie, à Moscou, au sein du théâtre national de Lettonie. Très formaliste, le film suit non seulement l'itinéraire de la comédienne mais s'attarde également sur la vie quotidienne à Moscou, la faim pour les plus démunis et les excès en tous genres pour les nantis du régime, comme des croquis d'une ville qui va tomber dans la période de la 'grande terreur" où Staline fera exécuter des milliers de soi-disant opposants. C'est cette atmosphère crépusculaire que le récit capte le mieux alors que, d'un autre côté, il parvient plus difficilement à nous attacher à ses personnages, à commencer par celui de Maria, pourtant soumise à un dilemme profond : partir pour Riga mais en abandonnant sa petite-fille ou rester à Moscou et risquer son existence. Outre son style qui dépasse son épaisseur narrative, le film de Dāvis Sīmanis, peu connu malgré ses 9 réalisations, est marqué par son afflux de références culturelles et politiques qui le surchargent et lui donnent un aspect trop complexe.