7
24 critiques
Frau Minne
Récit d'un amour courtois à l'épreuve de la futilité entre les murs d'une cour profane, traitée dans le pur classicisme des drames hollywoodiens de l'époque.Famille, amis, époux et amant(s): la vie...
le 14 juin 2025
Récit d'un amour courtois à l'épreuve de la futilité entre les murs d'une cour profane, traitée dans le pur classicisme des drames hollywoodiens de l'époque.
Famille, amis, époux et amant(s): la vie de reine sans pouvoir. Basé, comme plus tard "La Rose de Versailles" (IKEDA Riyoko, 1972), sur le travail biographique de Stefan Zweig (pas lu, dispo principalement en langue originale allemande, en anglais et par le biais des IAs pour du résumé) "Marie Antoinette : Bildnis eines mittleren Charakters / Portrait d'un personnage ordinaire" (1932), le film tourne autour de la vie sentimentale de Marie-Antoinette de ses fiançailles au futur Louis XVI à son exécution en 1793. Shearer, 36 ans, joue donc le personnage de ses 13 à ses 37 ans. Je vous avoue d'emblée n'avoir jamais eu un quelconque intérêt pour la vie de la royauté; c'est le collectif qui construit l'Histoire. Pas de critique biographique ici.
Sans faire théâtre, les acteurs sont à mi-chemin entre le jeu expressif du muet et l'expression plus contenue des sentiments du cinéma naturaliste qui gagnera en popularité dans la deuxième moitié du XXème siècle. La caméra, tout en respectant un découpage très conventionnel des dialogues, prend le temps de s'attarder sur les petits gestes et micro-expressions du couple Shearer/Power. À mon œil de 2025, je reconnais que c'est agréable; une sorte de traduction adaptée accidentelle qui marrie les époques.
L'adaptation est aussi visuelle: décors reconstruits en studio plus grand que les chambres de Versailles, des bals comme des soirées du Gilded Age, des robes à crinoline au buste très années 40 sans les pans de tissu dorsaux des robes à la française, etc.
Comme le romantisme allemand avait repris à bon compte les textes de l'amour courtois au théâtre, à l'opéra et dans des soirées déguisées, Hollywood le met ici en scène au prétexte de la vie sentimentale d'un personnage historique. Le couple titre se cherche, se défie d'attirance charnelle, se dévoue ("ma vie est à votre service") tout en maintenant devoirs et convenances. Les dialogues sont francs et vraiment agréables à suivre, même si certains personnages d'arrière-plan restent caricaturaux (Louis XV, Du Barry). Louis XVI, présenté comme un doux benêt sans prestance, serait bien incapable de mettre l'idylle en difficulté; Morney joue son rôle sur le spectre autistique.
Dans des décors grandioses, Marie-Antoinette apparaît tantôt reine des fées, tantôt spectre. Même Dauphine, elle se détache visuellement des rôles secondaires par le faste et la pâleur de sa mise: perruques, bijoux et habits sont comme nimbés d'une aura lumineuse fantasmagorique. Des photos couleur montrent que la robe de sa première rencontre avec De Fersen était de satin argenté. Par contraste, le comte, sans perruque et vêtu sobrement, paraît moins artificiel (comme son amour~) mais aussi comme une ombre. On retrouve ce contraste chez Du Barry, maîtresse roturière de Louis XV, qui porte les stigmates de sa condition dans les broderies dorées de sa robe noire. Au fur et à mesure qu'on se rapprochera de l'issue finale, les tons fonceront pour la reine, comme cette aristocratie cloîtrée rencontrera bientôt les conséquences de ses excès. Un parallèle et une critique parlants aux spectateurs des lendemains de la Grande Dépression.
Un très grand rôle féminin.
Accessoirement, le film: à archive.org
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Cycle Marie-Antoinette
Créée
le 14 juin 2025
Modifiée
le 15 juin 2025
Critique lue 22 fois
7
24 critiques
Récit d'un amour courtois à l'épreuve de la futilité entre les murs d'une cour profane, traitée dans le pur classicisme des drames hollywoodiens de l'époque.Famille, amis, époux et amant(s): la vie...
le 14 juin 2025
10
1 critique
Est-ce Duvivier ou Jacques Tourneur qui a été assistant sur ce film ?
le 16 févr. 2025
9
24 critiques
Milieu du XXème siècle, Italie du Nord, la fin de la 2ème guerre mondiale en Europe. La vie de la famille de l'instituteur d'un village de montagne isolé prend des tournants qui définiront le destin...
le 5 juin 2025
6
24 critiques
Entre fantasme et cauchemard éveillé. Je vous spoile d'office l'intégralité de ce court-métrage car il ne repose pas sur le suspense et le contenu de son histoire, sans être graphique, est...
le 28 juin 2025
4
24 critiques
Une vraie suite! Plaisante surprise, et la preuve qu'on peut adapter n'importe quoi une première fois, puis faire mieux la seconde. L'Italie n'a jamais été aussi japonaise.Ma critique du Thermae...
le 25 juin 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème