Choisir un titre snappy, c’est risqué, car c’est s’assurer une certaine pérennité dans les mémoires quel que soit le degré de réussite de l’entreprise. Toutefois, on se rappelle de Marock pour son aura médiatique de toute manière : une affiche mielleuse et un slogan qui annonce une romance entre une musulmane et un juif. Mais… c’est juste extrêmement réducteur, en fait.
Marock est un film réalisé sous des égides féminines, et ça fait un choc quand on regarde pas mal de cinéma arabe. Le patriarcat demeure mais il n’a pas les airs oppressants que, à certaines occasions, il mériterait quand même ici, tout comme les dialogues semblent passer à peu de choses d’être marquants sans jamais vraiment décoller des répliques adolescentes.
Marock n’a de musique que celle dont il tapisse sa bande sonore, ce qui fait passer le titre pour presque mensonger. Mais outre le fait que les choix sont excellents, elle illustre la façon dont s’évadent les riches. Car on n’est pas dans un film maghrébin social tenu dans un bidonville : on est dans le Casablanca où les maisons sont vraiment blanches, où l’on a des professeurs particuliers et que les rues deviennent des circuits où faire la course avec ses gros moteurs.
Dommage, rien d’inattendu ni d’exceptionnel. Les aspects qui sont couverts dans la vie tentaculaire des adolescentes sont divers et touchent à des myriades de sujet propres à faire réfléchir, de sorte que Marock possède une valeur pédagogique qui n’est pas plus reconnue qu’elle n’était sûrement voulue. Cependant la réalisatrice ne prend pas de risques en-dehors de ces gros détails qu’elle évoque avec trop de subtilité, sans les développer assez. Le cadre est séduisant et certains plans sont propres à nous faire envier quelques vies le temps du visionnage, mais aucune justice n’est rendue – d’ailleurs, il n’y a pas d’injustices non plus.
Malgré un arrière-plan social et religieux tendu et donc fertile, Marrakchi ne semble pas se détacher de la réalité des beaux quartiers, en donnant pour résultat une représentation jolie et plaisante, mais sans rebondissements ni enjeux qui s’engage assez vite sur la voie de l’attendu, de la miévrerie et de la fin facile.
→ Quantième Art