👉 1er juillet : Les extraits de commentaires sont à nouveau disponibles dans les feeds 🥳.
Et toutes les mises à jours sont à retrouver ici : journal de bord de SensCritique.

Franchement je n'en attendais rien du Baumbach 2019, parce que clairement celui sorti sur Netflix en 2017 c'était déjà sacrément pas terrible et puis s'il a pu faire deux ou trois films sympathiques Frances Ha ou Mistress America en tête c'est quand même pas un réalisateur très folichon. Mais Marriage Story, c'est vraiment bien.

Déjà et ça a été très souvent dit, mais c'est très bien joué, alors Baumbach on peut lui reconnaître ça, il sait diriger les acteurs et là la distribution est impeccable et je dois dire que c'est sans doute le meilleur rôle de Scarlett Johansson depuis son passage chez Woody Allen (enfin il faut dire qu'elle n'a pas très bien su choisir ses rôles). Évidemment Adam Driver est excellent, mais j'aime surtout le petit rôle de Laura Dern en avocate calculatrice, manipulatrice avec un petit air faussement aimable qui la rend juste détestable tant tout est faux chez elle.

La bonne idée du film était de commencer sur ce qui a pu souder ce couple pendant tout ce temps, que le spectateur comprenne pourquoi cette séparation est si difficile, à quel point ils ont été liés. D'ailleurs j'aime beaucoup le précédé utilisé, qui sera repris à plusieurs reprises dans le film, Baumbach montre en séquence et donne ensuite le contexte de ce que l'on vient de voir, en général avec un contre-champ. Et donc ça permet de faire rentrer les spectateurs dans une situation, puis immédiatement de contre-balancer ce que l'on vient de voir. Et c'est ce qui se passe avec cette séquence d'introduction puisque l'on voit qu'en réalité les personnages ont été forcé d'écrire toutes les choses positives qu'ils pensaient de leur conjoint.

Baumbach n'hésite pas à faire durer les séquences ce qui permet de faire évoluer les situations au fur et à mesure. Le couple peut commencer à se parler normalement, gentiment, avant d'exploser... et le tout se fait de manière assez organique et fluide.

D'ailleurs tout le film est comme ça, il commence gentiment avant que les personnages se laissent persuader de mener une guerre à leur ancien partenaire et où toutes les situations vont monter en tension et en puissance.

Ceci dit, le réalisateur n'oublie pas que c'est un petit délire de bourgeois friqués qui peuvent se permettre de se mener une telle guerre et sait remettre en perspective toutes ces invectives balancées par leurs avocats respectifs. Et donc en enfermant les personnages dans des cadres très resserrés il montre leur nombrilisme, avant, tout à coup de passer à un plan plus large montrant la foule qui attendent eux-aussi que leur divorce soit prononcé... la farce est révélée. Tout ça c'est du théâtre.

Et à côté de cette guéguerre ridicule on a ce gamin qui s'éloigne un peu de son père, petit à petit, qui préfère sa maman, qui veut fêter Halloween du côté de sa mère et qui sabote involontairement tous les plans de son père. C'est assez juste, on se doute bien qu'un enfant aussi jeune qui passe plus d'un mois sans voir son père, même s'il l'apprécie, n'arrête pas de vivre sa vie et au contraire continue à grandir, à développer ses propres centres d'intérêts et se détourne inéluctablement de l'éducation paternelle.

J'ai trouvé le film tellement juste que j'ai vérifié ensuite que le réal ne s'était pas séparé de sa compagne Greta Gerwig. Parce qu'on y trouve des échos, sa femme actrice qui devient metteuse en scène, qui se met à faire son propre art, c'est ce qu'ont fait Gerwig en vrai et Johansson en fiction.

En tous cas c'est une belle surprise... Et d'autant plus que bien que l'on suive principalement le personnage de Driver, le film est assez nuancé, on comprend la volonté de Johansson de rester à Los Angeles (principal sujet de discorde dans le couple) et donc on n'est pas dans le vilain père ou la vilaine mère, mais dans un beau bordel où justement il n'y a ni bien ni mal et toutes les décisions peuvent conduire à la déchirure familiale.

Je ne sais pas si c'est le soleil de Los Angeles qui a inspiré Baumbach, mais j'ai comme l'impression qu'il s'est un peu libéré de son cinéma new yorkais qui radodait pas mal. En espérant qu'il poursuive dans cette voie et qu'il nous livre d'autres film aussi bien écrits.

Moizi
8
Écrit par

il y a 2 ans

45 j'aime

6 commentaires

Marriage Story
EricDebarnot
9

Que reste-t-il de nos amours ?

Si l'on considère le pourcentage de plus en plus élevé de gens qui sont passés par (au moins) un divorce, on peut raisonnablement se demander pourquoi le cinéma n'a pas encore traité "correctement"...

Lire la critique

il y a 2 ans

147 j'aime

2

Marriage Story
Velvetman
8

Her and Him

Le couple. Son déchirement. Sa disparition. Son effacement. Marriage Story, avec son écriture, sa fine réalisation et son duo magistral (Scarlett Johansson et Adam Driver), nous dévoile avec un réel...

Lire la critique

il y a 2 ans

64 j'aime

Marriage Story
Moizi
8

C'est ça une déchirure !

Franchement je n'en attendais rien du Baumbach 2019, parce que clairement celui sorti sur Netflix en 2017 c'était déjà sacrément pas terrible et puis s'il a pu faire deux ou trois films sympathiques...

Lire la critique

il y a 2 ans

45 j'aime

6

Star Wars - L'Ascension de Skywalker
Moizi
2

Vos larmes sont mon réconfort

Je ne comprends pas Disney... Quel est le projet ? Je veux dire, ils commencent avec un épisode VII dénué de tout intérêt, où on a enlevé toute la politique (parce qu'il ne faudrait surtout pas que...

Lire la critique

il y a 2 ans

432 j'aime

50

Prenez le temps d'e-penser, tome 1
Moizi
1

L'infamie

Souvenez-vous Bruce nous avait cassé les couilles dans sa vidéo de présentation de son "livre", blabla si tu télécharges, comment je vis ? et autre pleurnicheries visant à te faire acheter son...

Lire la critique

il y a 6 ans

270 j'aime

144

Le Génie lesbien
Moizi
1

Bon pour l'oubli

Voici l'autre grand livre « féministe » de la rentrée avec Moi les hommes je les déteste et tous les deux sont très mauvais. Celui la n'a même pas l'avantage d'être court, ça fait plus de 200 pages...

Lire la critique

il y a plus d’un an

207 j'aime

59