Marty Supreme
6.9
Marty Supreme

Film de Josh Safdie (2025)

Quand on se souvient du dernier long-métrage de Josh Safdie, Uncut Gems, alors en collaboration avec son frère Benny, on ne sera pas étonné de la teneur de Marty Supreme. Ne serait-ce que par l’intro du film porté par Adam Sandler qui nous plongeait d’emblée dans une coloscopie, vue de l’intérieure, pour mieux signifier que le diamantaire est un énorme trou du cul. Ici même procédé avec une course de spermatozoïdes fonçant vers un ovule, démontrant sans ambages que la compétition est au cœur de la vie de notre protagoniste.


Mais plus encore que cette entrée en matière en forme d’écho, c’est le chaos qui accompagne les 2h30 de film qui nous rappelle que nous somme bien chez un Safdie. La même énergie ininterrompue et ô combien usante pour le spectateur qui accompagnait déjà Good Time et Uncut Gems. Un marathon outrancier mené tambour battant par des personnages antipathiques qui, je le comprends bien, pourrait lasser son audience.


Et à plusieurs reprises, j’ai moi-même soupiré ou lâché un léger rire désabusé face à cet anarchique enchevêtrement de péripéties librement inspirées d’un Marty Reisman bien réel. Mais pourtant, en tenant jusqu’au bout, je me suis retrouvé réjoui, comme satisfait d’avoir survécu à la déferlante, façon After Hours ou Miracle Mile. Heureux également d’avoir trouvé dans ce jusqu'au boutisme rythmique une énergie singulière, d’avoir enfin vu Timothée Chalamet dans un rôle où il ne fait pas la moue, et de trouver une conclusion qui rachète un minimum la conduite du salaud que l’on m’a forcé à suivre.


Et comme pour Uncut Gem, Safdie parvient à prendre un contexte sportif pour en tirer le portrait d’un homme plus que faillible, mais finalement attachant sous ce vernis répulsif d'apparat. Marty, compétiteur invétéré, petit con hautain et grande gueule irrespectueuse de quoi que ce soit à qui l’on foutrait bien des tartes, n’est finalement qu’un gamin qui cherche une voie autre que celle qu’on lui a désigné, quitte à froisser ceux qu’il rencontre.


Sacrément usant, mais euphorisant.


Créée

le 17 mars 2026

Critique lue 15 fois

Frakkazak

Écrit par

Critique lue 15 fois

2

D'autres avis sur Marty Supreme

Marty Supreme

Marty Supreme

7

Major-Tom

le 31 déc. 2025

Suivre

Chercher à tout prix à façonner un classique

Dans l’histoire récente, je ne me rappelle pas avoir vu un film indépendant recevoir autant de hype que Marty Supreme en cette fin d’année 2025. Alors oui, il y avait Moonlight et les deux très bons...

Marty Supreme

Marty Supreme

5

Sergent_Pepper

le 18 févr. 2026

Suivre

Cheat smell of success

Les Safdie ont toujours adoré les ordures : des toxicomanes (Mad Love in New York) aux petites frappes (Good Times) en passant par les joueurs invétérés (Uncut Gems), la galerie de leurs personnages...

Marty Supreme

Marty Supreme

5

Moizi

le 14 févr. 2026

Suivre

Un verre d'eau tiède

J'aurais aimé détester, j'aurais adoré m'emmerder comme un rat mort devant ce truc de 2h30 qui sert uniquement à ce que Chalamet décroche un Oscar... D'ailleurs on ne parle que de ça sur le film,...

Du même critique

Hollow Knight

Hollow Knight

10

Frakkazak

le 15 oct. 2019

Suivre

Waky Hollow : La légende du scarabée sans âme

J'avais commencé une partie en début d'année, et avait lâché l'affaire par frustration, ayant perdu tous mes geos dans une zone que je trouvais imbuvable (Soul Sanctum) après 3-4h de jeu. Mais devant...

Captain America: Brave New World

Captain America: Brave New World

2

Frakkazak

le 10 mars 2025

Suivre

Mou, Moche et Puant

Il était couru d’avance que Brave New World serait une daube. De par la superhero fatigue qu’a instauré la firme de Mickey par l’amoncellement de produits formaté sur les dix-sept dernières années...

Assassin's Creed: Mirage

Assassin's Creed: Mirage

4

Frakkazak

le 10 oct. 2023

Suivre

Mi-rage, mi-désespoir, pleine vieillesse et ennui

Alors qu’à chaque nouvelle itération de la formule qui trône comme l’une des plus rentables pour la firme française depuis déjà quinze ans (c’est même rappelé en lançant le jeu, Ubisoft se la jouant...