Marty Supreme est le nouveau film phénomène d'Hollywood, plus gros budget de A24, le fameux studio qui valide des projets plus risqués que d'autres et attire les acteurs, mais aussi se trouve surcoté ici et favori pour les Oscars et n'est pas le chef d'oeuvre dit partout.
Ici, on a rien contre Timothée Chalamet, apprécié ses derniers films et prestations, mais il faut avouer que ce Marty Supreme est un festival non stop de l'acteur. On le voit dans presque chaque scène, campant un personnage antipathique, narcissique, gouailleur, n'hésitant pas à manipuler tout le monde pour arriver à ses fins etc. C'est totalement épuisant à la longue et on frôle l'indigestion, malgré l'implication indéniable du comédien, producteur aussi du projet, c'est le premier point faible du métrage.
Par la suite, le scénario multiplie les rebondissements les plus "abracadabrantesques", farfelus au possible, frisant l'hystérie collective (avec le chien) et devient vite également fatigant et assommant. De ce fait, au casting on retrouve Abel Ferrara, oui le réalisateur culte, un peu surcoté des années 80 dans la peau d'un gangster complètement déjanté, on ne vous dit que ça.
Heureusement, quelques bonnes idées au milieu de tout ça. Une reconstitution de l'époque assez spectaculaire, on voit où est passé l'argent, quelques références où l'ombre de la Seconde Guerre Mondiale n'est pas loin et une bonne réalisation de Josh Safdie qui, avec son frère fait parti des réalisateurs qui montent. Les matches de ping-pong valent le déplacement (notamment le final à Tokyo avec le japonais), même si on soupçonne des balles numériques. Gwyneth Paltrow compose un personnage assez émouvant et touchant, malgré quelques scènes explicites. La fin n'est pas non plus celle qu'on pense et c'est quelque part tant mieux.
Mais, long, épuisant, avec un Timothée Chalamet non stop (si il n'a pas l'Oscar, c'est que l'académie sont des nuls), Marty Supreme n'est pas le chef d'oeuvre attendu, il faut vérifier si vous êtes vraiment fan de l'acteur, malgré les qualités du métrage, à vous de voir.