Ce film a deux choses qui font qu'il peut exister sans avoir honte : Julia Roberts (sans maquillage car désespérement à la poursuite d'un oscar) et surtout John Malkovitch en liberté.


Mary est une petite bonne au passé douloureux qui sert dans la maison du bon docteur Jekyll. Il est gentil Jekyll, il se soucie d'elle : en gros elle lui plait beaucoup (wink wink).
Et un jour, arrive Hyde, l'assistant du docteur: cheveux longs, corps bien découplé, l'oeil salace et une sensualité à fleur de peau. John Malkovitch en fait des tonnes dans le genre "je suis tout dépravé à l'intérieur et ça se voit à l'extérieur".
Et il ne se passe pas grand chose d'autre: elle a des soupçons, le soit disant gentil Jekyll l'envoie toujours faire des courses peu recommandables dans des maisons closes et Hyde lui lèche le cou.


On aura beau tortiller du popotin, dans l'histoire de Jekyll et Hyde les héros ce sont Jekyll et Hyde et pas la bonne!
C'est ce qui ressort de ce film, manifestement monté autour de Julia, à l'époque en manque de reconnaissance.


On essaie de nous vendre une nouvelle vision du conte effroyable et fabuleux de Stevenson en retournant le scénario comme une chaussette mais on peine à s'intéresser à cette petite souris baladée par Jekyll et Hyde et on attend avec impatience de savoir qui va passer la porte des deux alter-egos.


Malkovitch n'est jamais aussi bon que dans les rôles troubles et sa composition est impeccable y compris et surtout quand le 2 personnalités se mélangent et que l'ombre de Hyde se voit sur le visage de Jekyll et la lumière de Jekyll passe dans les yeux de Hyde.
Seul bémol : la différence physique est très minime ce qui rend la confusion des autres personnages très difficile à avaler.


Stephen Frears est un bon réalisateur (que j'aime beaucoup personnellement) qui sait diriger ses acteurs et fait un excellent travail de suspense. Malheureusement, si le roman peut fonctionner (je l'ai lu et c'était très bien car court, concis et monter comme un journal intime), le format cinématographique expose l'inanité de l'histoire.


Ce n'est pas un mauvais film à proprement parler, mais ce n'est pas un bon film non plus.
Il vaut mieux revoir celui avec Spencer Tracy ou bien celui avec Frederic March.

Anilegna

Écrit par

Critique lue 1.2K fois

3

D'autres avis sur Mary Reilly

Mary Reilly

Mary Reilly

7

Docteur_Jivago

le 28 juil. 2017

Suivre

Le Poignard et la Blessure

La relecture du patrimoine fantastique ne date pas d'aujourd'hui, et les années 1990 avaient déjà amorcé un tel virage, à l'image du Dracula de Coppola, Frankenstein par Kenneth Branagh, Les...

Mary Reilly

Mary Reilly

9

Filmosaure

le 30 oct. 2010

Suivre

Psychologie inside.

A mesure que Mary, servante dans la maison du Dr Jekyll, découvre la sombre maladie dont souffre son maître, elle s'enfonce également dans les sinistres souvenirs de sa propre enfance. La dualité...

Mary Reilly

Mary Reilly

5

Anilegna

le 19 oct. 2016

Suivre

Critique de Mary Reilly par Anilegna

Ce film a deux choses qui font qu'il peut exister sans avoir honte : Julia Roberts (sans maquillage car désespérement à la poursuite d'un oscar) et surtout John Malkovitch en liberté. Mary est une...

Du même critique

La Momie

La Momie

8

Anilegna

le 19 avr. 2017

Suivre

Bienvenus en Egypte!

Quant Evelyn Carnahan, jeune archéologue frustrée, et son frère Jonathan, bon à rien extraordinaire, font équipe avec Rick O'Connell, aventurier dur à cuire au coeur tendre, pour partir à la...

Le Bazar de la Charité

Le Bazar de la Charité

6

Anilegna

le 10 déc. 2019

Suivre

Un gros bazar

Belle production soignée au niveau des décors et des costumes. TF1 n'a pas fait les choses à moitié côté casting non plus. Cependant, si l'intrigue est intéressante la plupart du temps, le manque de...

Scarlet Heart: Ryeo

Scarlet Heart: Ryeo

8

Anilegna

le 2 nov. 2016

Suivre

Critique de Scarlet Heart: Ryeo par Anilegna

Attention, je vais spoiler à mort dans cette critique. Je sais que je ne vais pas pouvoir me retenir parce que je suis trop remontée pour pouvoir filtrer. J'écris cette critique encore sous le coup...