Jardinier -ingénieur horticole comme il se qualifie- dans une petite localité algérienne, Mounir n'inspire guère que l'indifférence et le dédain à ses concitoyens. Jusqu'au jour où il se fait le complice de la rumeur qui veut qu'il ait fiancé sa jolie soeur.
Le réalisateur Lyes Salem raille et dénonce sans sarcasme l'hypocrisie et la mesquinerie sociales d'un pauvre et reculé village algérien pour la population duquel tout ce qui brille est or, où l'élévation sociale attire le respect et qui incarne la tradition archaïque du patriarcat à la mode arabe.
Si certaines intentions du cinéaste, notamment dans la dernière partie du film, ne sont pas très convaincantes parce qu'un peu convenues (la narcolepsie, évident symbole, de la soeur, les contingences sentimentales attachées à cette dernière), la comédie a d'abord le mérite de nous immerger dans la ruralité méconnue de l'Algérie puis d'en faire une peinture caustique "à l'italienne". Cette incursion dans l'humour made in Algérie, à travers des personnages humbles tournés en dérision, donne de la société musulmane une image plus fantaisiste et moins corsetée.