Le titre est le nom d’une cité balnéaire de Grande Canarie, célèbre pour ses grandes dunes qui dominent la plus grande plage de l’île, celle des Anglais. Le film est constamment sur le fil du rasoir [avec un début « pasolinien » et/ou « guiraudien [« L’inconnu du lac » (2013)], dans l’esprit des mélodrames de Pedro Almodóvar, avec le portrait de Vicente, septuagénaire homosexuel, aliéné par ses pulsions sexuelles (qu’il peut assouvir dans les dunes ou les boites de nuits gays de Maspalomas) et dont un Accident Vasculaire Cérébral (en pleine partie à trois !) le rend handicapé (jambe et bras droits paralysés), ce qui provoque son transfert, à l’initiative de sa fille, Nerea (Nagore Aranburu, 49 ans, remarquable dans la série télévisée « Querer » (2024) de Alauda Ruiz de Azúa) dans une maison de retraite à Saint-Sébastien. Outre la difficulté d’assumer et surtout de révéler son homosexualité, certes en 2018, mais au sein d’une communauté de séniors au moins septuagénaires, le film traite du vieillissement des corps, malgré le désir, ainsi que de réconciliation (avec sa fille qui a longtemps souffert de l’orientation cachée de son père), sans oublier les prémisses de la pandémie de Covid-19 (le film se termine juste avant le confinement du 15 mars 2020), responsable de 131 000 morts en Espagne.