Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu’est Maspalomas, aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la « vie d’avant » va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz.
L’Eden
Est-on en plein milieu du désert ? Les plans de dunes qui ouvrent le film pourraient le laisser croire. Quelques îlots de verdure permettent aux hommes en quête de sexe de satisfaire leurs envies à l’ombre. Vicente est de ceux-là. Ce septuagénaire bedonnant ne tarde pas à trouver un partenaire, à qui il enjoint d’aller « doucement ». On pense immédiatement à L’Inconnu du Lac d’Alain Guiraudie. Comme le très subversif cinéaste français, le duo Aitor Arregi – José Mari Goenaga a voulu exposer le public à un tabou : la sexualité homosexuelle montrée de façon crue, de surcroît impliquant un vieil homme. On se souvient de la terrible scène de suicide par sodomie d’un vieillard dans Rester vertical du même Guiraudie.
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