Coproduit, coécrit, composé et réalisé par Tobe Hooper en 16mm et 35mm sphérique intermédiaire, Massacre à la tronçonneuse s’impose comme une œuvre de série B qui transcende son budget minuscule. Dès son ouverture, avec une narration de fait divers morbide, le film installe un climat oppressant et plante une ambiance crue aux allures documentaires. Cette excursion dans l’Amérique profonde s’enrobe d’effets rudimentaires, nourrissant une tension sourde qui accompagne les jeunes protagonistes dans un périple funeste. Interdit en France jusqu’en 1982, le film choque autant qu’il fascine, devenant un véritable succès critique et populaire.
L’intrigue, bien que minimaliste, déroule une progression infernale, après une étrange rencontre, les personnages se retrouvent dans une demeure familiale délabrée, décor sinistre d’une horreur à visage humain. Leatherface, figure centrale du cauchemar, entre en scène avec une brutalité imprévisible qui déclenche une cascade d’atrocités macabres. La mise en scène frénétique, les décors étouffants et les cris stridents construisent un ballet morbide où l’horreur ne repose pas sur le gore gratuit, mais sur la suggestion et le chaos psychologique. Un hommage brutal aux origines du slasher, tout en instaurant ses propres règles.
La dernière partie du film devient une véritable descente aux enfers, les scènes-chocs s’enchaînent dans une logique de survie implacable, jusqu’à un affrontement cauchemardesque qui semble sans issue. Le récit se contente de l’essentiel, évacuant toute fioriture pour ne garder qu’un noyau de peur viscérale. Ce festival de frayeurs offre un long dénouement insoutenable, solidifiant Massacre à la tronçonneuse comme une œuvre fondatrice d’un cinéma d’épouvante cru, inventif et influent. Une innovation sans concessions qui marquera à jamais le genre.
Entrées Salles France : env. 620.000 - Entrées Salles Usa : env. 14.850.000.
> https://youtu.be/Q-ODT-0EoqI?si=WK7DneJ1dKecOmLa