Ca commence de manière bien barrée. Un ex-toréador qui se paluche en regardant le giallo "Sei donne per l'assassino". Et une avocate mante religieuse qui exécute un amant éphémère en pleine fougueuse partie de jambes en l'air (au passage, la légende raconte que l'acte sexuel n'a pas été simulé par l'actrice...). Puis l'on suit le timide Angel (Antonio Banderas), élève toréador qui va s'accuser de meurtres qu'il n'a pas commis.
Des personnages très excentriques, qui se tourneront autour. Dans un film qui fait le lien entre l'amour et la mort (ou la passion et la mort).
Beaucoup de bonnes idées, de l'humour noir, et un travail visuel notable. Dont des scènes de nudité plutôt crue, et des éclats de couleur rouge intégrés dans un film grisâtre (personnellement je préfère cet aspect à celui plus "pop" des Almodovar des années qui suivront).
Néanmoins je reprocherai à "Matador" une enquête qui piétine quelque peu, avec des éléments pas forcément bien utilisés. Dont la peur du sang qu'éprouve Angel, connue du spectateur assez vite, qui ne sera découverte que tardivement par les policiers. Ou un récit décousu, qui peine à construire un vrai suspense policier ou dramatique. Et puis tout le délire autour des toréador m'échappe quelques peu, sans doute question d'époque et de culture ibérique.
Antonio Banderas est finalement peu présent, et vu les actes commis par son personnage en début de film, on éprouve très peu d'empathie quant à son sort. Nacho Martínez est plus sombre et torturé. Tandis que les femmes paraissent lumineuses, même Assumpta Serna et son rôle de grande tordue.
A l'arrivée, un film intéressant sur le concept mais qui ne m'a pas totalement convaincu.