Match Point se rapproche un peu de Crimes et Délits par ses thématiques, notamment autour de la chance, l'argent, le désir ou encore la morale, mais ici avec un peu moins d'humour et surtout, plus de cruauté.
C'est notamment par le prisme de Chris que l'œuvre brille, symbole d'une écriture intelligente, juste et cohérente, sans jamais en faire trop, ainsi que les liens qu'il va tisser dans le but de s'élever dans ce monde bourgeois. Le scénario est assez remarquable, bien construit avec un suspense tenant de bout en bout, tandis que Woody Allen n'oublie pas de sublimer tout cela avec une tension forte ainsi que des jeux psychologiques qu'il maîtrise parfaitement, où régulièrement chacun tentera de prendre le dessus. Le cinéaste new-yorkais propose une mise en scène classieuse, allant avec ce Londres bourgeois de carte postale.
La force de Match Point se trouve aussi dans son changement de cadre où Woody Allen quitte New-York (contraint, il n'y trouvait pas les moyens de financer son film) pour Londres, qu'il sublime et on s'y perd avec plaisir pour mieux suivre le périple d'un ambitieux qui veut tout avoir, sans jamais à choisir. Il n'a pas perdu le sens du détail, tant dans l'image, avec d'ailleurs une très jolie photographie, que dans l'écriture, et c'est aussi un régal que de découvrir de nouveaux éléments à chaque vision. Devant la caméra, les comédiens sont parfaits, chacun sachant retranscrire les particularités et émotions (ou non !) des personnages, Jonathan Rhys-Meyers en tête.
Ces derniers temps, c'est devenu de plus en plus rare de voir un Woody Allen audacieux, juste et brillant, et se replonger dans Match Point est un vrai plaisir tant il y montre toutes ses qualités, et bien plus encore, dans une oeuvre tendue, forte, passionnante et intelligente.
Un sacré revers.