Je vais aller à l'encontre de l'ensemble des avis, qui ont été déçus par le second film de la réalisatrice après son excellent Past Lives. Et je comprends tout à fait pourquoi. Car après une oeuvre qui parlait d'amour avec beaucoup de sincérité et de naturel, Celine Song semble s'enfermer dans un schéma classique de romance à l'hollywoodienne. Notamment avec ce triangle amoureux qui se dessine autour d'un concept - suivre une matchmakeuse - dont le cheminement s'avère un poil banalisé. Faut-il choisir l'homme idéal ou avec lequel on "matche" ? Tel est le cliché auquel annonce répondre le film. Et rien que pour cela, pour cet aspect cliché, Materialists peut en effet rendre sceptique. Pourtant, j'ai été conquis par ce film. Séduit à l'idée de voir la réalisatrice de Past Lives délaisser la sincérité pour parler d'un amour plus artificiel. Quand elle délaisse son triangle amoureux, Celine Song traite de la marchandisation des relations. Ou comment, dans notre société, l'amour n'est plus qu'une question de critères. De cases à cocher, qui prennent alors de l'importance sur l'humain et les sentiments. Aimer une personne car elle fait telle taille, pense telle chose, gagne tant dans la vie... Tout cela, je trouve que Materialists en parle avec une certaine justesse, faisant réfléchir sur la véritable notion d'aimer. Tout en balançant une petite pique sur la classe bourgeoise, obnubilée par l'apparence et non la personne telle qu'elle est. Avec un style très intimiste niveau mise en scène et des comédiens convainquants, Materialists est un film qui a su me charmer malgré tout. Et je me le reverrai sans doute avec grand plaisir !