J’avais envie de voir une comédie romantique. Juste ça.
Pas une révolution du genre, pas une réécriture brillante, juste un film qui me donne le sourire devant une idée plausible de l’amour. Un moment où l’on accepte les clichés, tant qu’ils sont jolis, tant qu’ils réchauffent un peu. C’était ma promesse en allant voir Materialists.
Et parfois, ça suffit pas.
D’abord, je dois dire que Céline Song filme toujours aussi bien. Il y a chez elle ce regard tendre sur les lieux, les visages, le quotidien un peu suspendu — la lumière douce d’un café new-yorkais, des mains qui se croisent dans un taxi. La photographie est top, sans effet de manche, juste ce qu’il faut pour donner envie d’habiter dans les plans. Et c’est vrai, on ne s’ennuie pas. Le film passe vite,
Mais voilà. Très vite, je sens que le triangle amoureux peine à exister vraiment. On est censé suivre ce "trouple" moderne, mais je ne le ressens jamais comme une vraie tension. Contrairement à Past Lives, où tout vibrait de non-dits, de regrets discrets, de gestes minuscules mais bouleversants (la fin ???), ici, tout semble un peu trop lisse.
Dans Past Lives, les personnages avaient cette fragilité crédible : pas des archétypes, mais des gens qu’on pourrait croiser, qu’on aurait pu être. Là, Lucy aime l’argent (bon…), Harry est gentil et riche, John est gentil et pauvre. Et c’est à peu près tout. Aucun des trois ne semble traversé par une vraie contradiction, un vrai conflit intérieur. Ils jouent leur rôle dans un scénario très écrit, mais je n’ai jamais eu l’impression qu’ils existaient en dehors des lignes qu’on leur avait données.
Et donc, je ne ressens rien. Je vois les scènes s’enchaîner, je comprends où tout ça va, mais je ne suis pas impliquée. Il n’y a pas ces petites failles humaines, ces maladresses, ces silences qui en disent plus qu’un monologue. Tout est propre, poli, un peu fade.
Alors oui, Pedro Pascal sourit en coin, fait des baisemains, et la moitié de la salle soupire — moi y compris, je l’avoue sans honte. Mais est-ce suffisant ? Pas quand c’est Céline Song derrière la caméra. Je m’attendais à autre chose. De la part de cette réalisatrice qui m’avait fait pleurer pour un simple regard devant une porte de garage, j’espérais retrouver cette magie du détail. Mais cette fois, rien.
Je reste une grande amoureuse du genre. J’aime les rom coms quand elles sont honnêtes, même maladroites. Mais ce "grand retour" annoncé n’en est pas un, ou du moins, pas encore. Pas aujourd’hui.
Je retourne à mes classiques.