Materialists, c'est une comédie romantique basée sur un triangle amoureux vu 1000 fois : une fille entreprend une relation vouée à l'échec pour des raisons rationelles, avant de revenir vers celui qui fait battre son coeur.
Donc on connaît la fin, et le déroulé du film, au bout de 10 minutes. Après, on passe quand même un bon moment, parce que si rien n'est spectaculaire, rien n'est raté : le casting 5 étoiles fonctionne, la mise en scène, éléguante et vaporeuse, aussi, la musique, le montage... Bref c'est pas mal, on en oublierait presque qu'on a déjà vu ce film tant de fois. Une bonne variation sur le thème dirons-nous.
Il restait néanmoins une formidable possibilité de sortir de cette histoire toute tracée. La banalité du scénario se reflète dans l'histoire elle-même : la protagoniste principale, entremeteuse, égrènne les critères qui font que 2 clients se correspondent : même classe sociale, même niveau de beauté, même enfance, même taille, même âge... Un propos assez éculé qui ne surprendra personne et se résume assez bien par le classique "qui se ressemble, s'assemble". L'héroïne ressasse cette liste de critères matérialistes tout au long du film, lui donnant ainsi son nom. Là où le film aurait pu, aurait du surprendre, c'est en contredisant cette liste, disant que le feu de l'amour la transcende, qu'il y a quelque chose de plus.
Pourtant la fin très prévisible se confirme, et l'héroïne termine avec celui qu'elle aime certes, mais aussi et surtout celui qui coche toutes les cases de sa liste : même classe sociale, même niveau de beauté, etc... C'est donc finalement une conclusion terrible sur l'amour que nous livre ce film, le réduisant à une froide liste de critères, et ça... C'est pas terrible.